Les débats parlementaires au moment de la création d’Israël!

Dans la continuité de ma recension du livre de Jacques Dalloz : quand j’ai commencé à me renseigner sur le conflit israélo-arabe, je me suis assez vite aperçu de certains non-dits, d’aspects que ni les pro-israéliens ni les pro-palestiniens ne veulent vraiment avouer, comme si cela gênait bien du monde. Alain Gresh qui par exemple a abordé l’évolution de la position des intellectuels français sur le Proche-Orient dans la bande dessinée récente « Un chant d’amour », est totalement silencieux sur le positionnement de ces mêmes intellectuels en 1948. Et pour cause : si le sionisme est une idée qui dépassait et dépasse toujours les clivages politiques, c’était tout de même la gauche socialo-communiste qui était à l’avant-garde pour défendre le nouvel Etat!

Lisons par exemple cet article de Mathieu Bouchard pour comprendre la problématique, beaucoup de « gauchistes » de l’époque apportaient leur soutien inconditionnel à Israël.

En plongeant dans les débats à l’Assemblée nationale du 20 mai 1948 (pages 18 à 22) c’est encore plus clair : les députés communistes et socialistes, comme Pierre-Olivier Lapie, Madeleine Braun, Florimond Bonte, étaient sans doute les plus zélés défenseurs du sionisme, attitude qui par ailleurs provoquait émoi et incompréhension parmi les élus de l’Empire colonial, musulmans ou non. Le général Aumeran (pied-noir, député d’Alger, Républicain indépendant) ou encore Jules Castellani (député de Madagascar) étaient ainsi très réticents à ce que la France apporte un soutien, même moral, au nouvel Etat (en l’occurrence il s’agissait simplement d’un « salut fraternel »).

Hachemi Benchennouf, député de Constantine, fait un long plaidoyer contre l’injuste énorme faite à la population autochtone, qui me parait le plus intéressant de rapporter :

Mesdames, messieurs, la création en Palestine d’un Etat sioniste constitue une véritable violation du plus élémentaire droit des gens. Cette création découle de la déclaration Balfour de 1917, acte unilatéral d’une puissance étrangère disposant arbitrairement d’un pays entier, sans le consentement de sa population, pour y installer à demeure des éléments étrangers à ce pays.
Si, en effet, le sionisme peut apparaître comme une doctrine parfaitement respectable, dans la mesure où il traduit les aspirations mystiques de certains éléments, il n’en reste pas moins que ces éléments, installés dans tous les pays du monde —  et dont ils ont acquis depuis longtemps les diverses nationalités — ne sauraient avoir aucun droit sur un  territoire qui leur est complètement étranger depuis des siècles.
Ce territoire, au moment de la déclaration Balfour, possédait son aspect humain particulier, avec la coexistence d’une forte majorité arabe et de minorités juives et chrétiennes, vivant en parfaite harmonie depuis plusieurs siècles.
L’introduction massive, et le plus souvent illégale, de juifs européens, américains ou africains, dont il est historiquement établi qu’ils sont loin d’être tous des descendants des premiers habitants de la Palestine, a brisé cette harmonie séculaire.
Elle a provoqué, dans une région particulièrement sensible, des perturbations qui n’ont pas cessé de mettre en péril la paix internationale.
Cette immigration s’est accentuée, à la veille de la guerre, avec les odieuses et inhumaines mesures antisémites inaugurées par le régime hitlérien et continuées par d’autres nations européennes.
Mais si toutes les consciences libres s’élèvent contre pareilles mesures, si notre sollicitude s’affirme plus que jamais en vers les innombrables victimes de l’une des plus cruelles injustices de tous les temps, il n’en reste pas moins que cette injustice ne saurait en autoriser une autre.
Car la création de l’Etat sioniste aboutit à la dépersonnalisation de la nation palestinienne et se traduit par une véritable colonisation effectuée au détriment d’un peuple entier.

 

Ahmed Mezerna, député d’Alger du MTLD (nationaliste algérien) – qui sera de la tendance messaliste durant la guerre d’Algérie, emprisonné en Egypte sur demande du FLN… – , est sans doute le plus virulent, s’estimant trahi par les socialo-communistes :

J’aurais été d’accord avec vous pour célébrer la naissance d’un tel Etat, mais je ne peux vous suivre quand vous sacrifiez un territoire qui appartient aux Arabes. Il ne manque pas de terres vacantes de par le monde ; qu’on y installe cet Etat, j’en serai le premier heureux! Moi qui lutte aussi pour la libération de mon pays, je consacrerai avec joie la libération d’autres peuples, mais à condition qu’elle ne soit acquise au détriment de qui que ce soit.


Il y a décidément des « repentances » qui se font attendre! J’attends patiemment le jour où la « communauté internationale », Royaume-Uni en tête, présentera des excuses d’avoir dépossédé les Palestiniens de leurs terres, sachant que même le plan de partage de 1947 était une aberration tant il donnait un territoire disproportionné au nouvel Etat juif!

 

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Carlo Cafiero – Abrégé du Capital de Karl Marx

Mon travail doit être un abrégé facile et court du livre de Marx. Ce livre représente la vérité nouvelle qui démolit, met en pièces et disperse aux vents tout un séculaire édifice d’erreurs et de mensonges. Il est tout une guerre. Une guerre glorieuse, en raison de la puissance de l’ennemi, et de la puissance plus grande encore du capitaine qui l’a entreprise avec une si grande quantité d’armes toutes neuves, d’instruments et de machines de toutes sortes, que son génie a su extraire de toutes les sciences modernes.

Beaucoup de ceux qui ont tenté de lire l’oeuvre majeure de Karl Marx ont probablement été découragés par un texte qui paraît pour le moins abscons. C’est mon cas, et c’est d’autant plus regrettable que c’est la forme du contenu et non son fond qui est critiquable. L’auteur ici, Carlo Cafiero (1846-1892), militant italien de sensibilité anarchiste – qui avait donc une opinion différente de Marx – avait été impressionné par le livre en question et s’était décidé d’en écrire un résumé accessible au grand public.

Le pari est réussi. Après une première partie purement scientifique, le lecteur découvre progressivement la machine oppressive qu’est le système économique que nous connaissons, nous plongeant dans les horreurs de la révolution industrielle : travail émietté, abrutissant, exténuant, mutilant etc. On découvre les concepts-clés : valeur d’usage et valeur d’échange, le surtravail, la plus-value, l’armée industrielle de réserve… nous permettant de comprendre l’esclavage moderne, ou comment l’Etat peut se révéler particulièrement impitoyable en tant qu’instrument des classes dominantes.

Un indispensable, qui fut à son époque approuvé par Marx lui-même!

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Alex Haley – Racines

Quand j’y repense les traites négrières restent probablement ce qui se rapproche le plus de l’immigration choisie, autrement dit cette dernière peut être mise sur le même plan que le phénomène le plus raciste qui soit. L’actualité des flux migratoires dans le monde semble être l’occasion de se replonger dans ce passé avec tout l’esprit critique nécessaire.

C’est après avoir vu les deux saisons de cette célèbre mini-série (celle de 1977 je dis bien) que je m’étais finalement décidé à lire l’oeuvre originale – m’apercevant au passage que cela faisait longtemps que je n’avais plus lu de roman. Nous avons un livre assurément riche, s’étalant sur plusieurs générations, en précisant toutefois que la vie de Kunta Kinté (orthographié Kounta dans le texte), fils d’Omoro et de Binta Kinté, en occupe les deux tiers.

Le premier quart traite de la jeunesse de ce dernier en Afrique, plus précisément en Gambie. Alex Haley a fait un véritable travail de recherche pour décrire la société mandingue dans l’Afrique subsaharienne au XVIIIème siècle, à la fois hiérarchisée, machiste mais aussi très ritualisée – esclavagiste aussi, bien que l’auteur adoucit la réalité, j’y reviendrai.

L’horreur de la capture du héros et la traversée de l’océan Atlantique restent un des moments les plus durs de l’histoire. Le sentiment de dépaysement et de déracinement est par ailleurs bien plus fort dans le livre que dans la série : le lecteur partage la vision du héros, isolé, dans un monde totalement étranger, ne comprenant pas un mot de la langue des « toubabs » (l’anglais en l’occurrence, Kunta débarquant en Virginie qui était encore une colonie britannique), dont l’apprentissage sera long – différence notable avec la série. Son intégration est donc lente et progressive.

Le récit n’est pas aussi manichéen que l’on pourrait le penser. Les maîtres ne font pas tous preuve de cruauté et les conditions de vie des esclaves ne sont pas forcément inhumaines – les dialogues des personnages montrent d’ailleurs que celles des « pauvres blancs » pouvaient être plus pénibles encore, comme le raconte le maître Tom Lea.

La saga se poursuit à travers la descendance du personnage principal sur plus d’un siècle, jusqu’à ce que les biographies successives laissent place à une autobiographie avec l’emploi de la première personne du singulier, l’écrivain faisant des recherches généalogiques pour retrouver les traces de son ancêtre.

Racines, Roots dans son titre original, est une aventure à la fois poignante et réaliste qui a mérité son succès. Les évènements historiques se déroulant parallèlement seront suivis, certains pouvant paraitre anecdotiques (la quasi-guerre entre la France et les Etats-Unis est mentionnée), d’autres de grande importance comme la guerre d’indépendance des Etats-Unis ou se déroulant non loin comme la révolution haïtienne – on apprend ainsi que Kunta Kinté est un grand admirateur de Toussaint Louverture, une absence regrettable dans l’adaptation télévisée.

Là où le livre est le plus critiquable (et je suis étonné de ne pas avoir trouvé d’historiens pour rectifier cela) c’est dans la façon dont l’auteur minimise la participation des royaumes africains dans le commerce triangulaire, alors que ces derniers se sont beaucoup enrichis grâce à ce dernier. Il entretient le mythe des « toubabs » lançant des raids en Afrique pour capturer des esclaves, tout juste aidés de quelques autochtones « slatis ». L’auteur fait croire qu’il s’agissait de quelque chose de généralisé alors que cette pratique était extrêmement minoritaire : la production d’esclaves était quasiment exclusivement africaine (lien Wikipédia : « La production de captifs était une affaire quasi exclusive des Africains. L’écrivain et journaliste américain Daniel Pratt Mannix (1911-1997) estime que seuls 2 % des captifs de la traite atlantique furent enlevés par des négriers blancs »).

Une réalité encore difficile à admettre! L’épisode de « Il était une fois les Amériques » que j’avais déjà cité dans un précédent billet me donnait l’impression de revoir la série mais corrigée par Albert Barillé, qui avait très certainement du voir cette dernière avant d’écrire le scénario.

Notons par ailleurs que la couverture de la version du roman dont je me suis procuré l’exemplaire est issue d’un tableau représentant les négriers (disposant de fusils) convoyant les esclaves… comme des Africains! [Rajout] D’après Le Figaro, il s’agirait même d’un convoi pour… Zanzibar, haut lieu de la traite arabo-musulmane, non occidentale!

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David de Stefano, Sanjay Mirabeau – Interdit de rire

C’était il y a quatre ans. Je pense que tout le monde se souvient de la campagne totalement hystérique et irréelle lancée par le gouvernement contre un humoriste – dont je tairai le nom – en décembre 2013/janvier 2014. Je savais que le monde politico-médiatique était parfaitement capable d’être coupé de la réalité,  qu’il puisse se ridiculiser à ce point en revanche, cela dépasse l’entendement. Le comble a quand même été de voir une bourgeoisie blanche s’acharner contre un symbole de la France métissée et multiculturelle au nom de l’antiracisme…

Les avocats du concerné avaient répliqué par ce livre publié aux éditions Xenia, à la lecture très facile et aisée. Nous avons donc un gouvernement qui a décidé de décréter ce qui est drôle et ce qui ne l’est pas, ce qui relève du bon et du mauvais goût quand bien même ce personnel politique s’est souvent livré lui-même à des remarques insultantes – leur comportement me rappelle personnellement le « Ministère de la Vérité » ou encore le « Ministère de l’Amour » de 1984

Outre la carrière du comique, les deux auteurs nous rappellent les aberrations juridiques dont a pu faire preuve notre système judiciaire – ayant été à la faculté de droit, certaines affaires citées ne me sont pas inconnues.

Sur le fameux « salut nazi inversé » dont est accusé de symboliser un certain geste popularisé par le comédien : en vérité il était déjà représenté par une statue rendant hommage aux soldats soviétiques morts durant la bataille de Berlin en avril-mai 1945, le mémorial de Tiergarten.

Quelques faits divers remarquables dans le passé sont sortis de l’oubli : le directeur du journal Le Figaro, Gaston Calmette, fut tué en 1914 par Henriette Caillaux, épouse du ministre des finances. La meurtrière qui a avoué le crime fut acquittée!

Pour une raison que l’on ignore, on apprend que l’artiste a bénéficié d’une remise fiscale de 200 000 euros par ce même gouvernement qui l’accusait de fraude!

Plus généralement les avocats critiquent ce communautarisme institutionnel soutenu au nom d’une pseudo-lutte contre le racisme. En prenant pour base la loi Gayssot, ils proposent ironiquement d’étendre l’interdiction du négationnisme à l’ensemble des génocides et massacres de l’histoire de l’humanité (liste interminable!) pour mettre tout le monde sur un pied d’égalité.


Je suis d’accord avec l’essentiel du texte, que je conseillerais pour se forger sa propre opinion. Ma seule véritable critique porte sur la posture un peu abusive de victime : l’artiste a tout de même réussi un formidable coup médiatique et atteint une renommée nationale avec cette affaire, même si c’est à la manière d’un Emmanuel Goldstein (pour rester dans 1984). Avec internet aujourd’hui il n’y a pas tellement de souci à se faire sur sa liberté d’expression!

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Alain Gresh – De quoi la Palestine est-elle le nom?

Rédacteur au Monde diplomatique, Alain Gresh est le type d’intellectuel que j’aurais tendance à accuser de tomber dans un tiers-mondisme un peu simpliste – j’y reviendrai. Mais il est bien renseigné dans cet essai paru en 2010. La Palestine occupe une telle place symbolique et médiatique car selon lui elle est le symbole de la domination blanche/occidentale sur le reste du monde, à l’image de l’Afrique du Sud sous le régime d’apartheid.

L’auteur rappelle dans un premier temps que les « peuples de couleur » n’ont pas la même vision, la même mémoire, le même vécu que les Occidentaux : durant la Deuxième guerre mondiale par exemple, le Japon bien qu’ayant commis des massacres (Nankin 1937…) a pu être accueilli en libérateur par les Indonésiens oppressés par les Hollandais. Il est ainsi important de sortir de l’européocentrisme pour comprendre le monde.

Egalement rappelée : l’alliance cynique entre antisémites et sionistes, les premiers dans les pays européens étant alors très heureux de se débarrasser de leurs Juifs… L’accord Haavara de 1933 est cité à juste titre, tout un symbole, puisqu’il a été signé avec l’Allemagne nazie.

L’expulsion des Palestiniens est clairement dans le projet idéologique du sionisme, comme le montrent les citations de Ben Gourion rapportées (personnellement je ne pense pas que ce soit l’expulsion de 1948 qui soit un tabou mais davantage le fait que si elle n’avait pas eu lieu, Israël n’aurait jamais pu voir le jour pour des raisons démographiques).

Curieuse coïncidence historique : mai 1948 n’est pas seulement le mois de la naissance d’Israël, il correspond aussi aux élections législatives en Afrique du Sud qui vont permettre la mise en place de l’apartheid. On remarquera alors que de nombreux Afrikaners bien qu’antisémites ont pu se reconnaître dans l’Etat hébreu! Aujourd’hui une bonne partie de l’extrême-droite européenne soutient ce dernier à l’image de Geert Wilder en Hollande ou Oskar Freysinger en Suisse.

Sur la mémoire de la Shoah, il note que contrairement aux idées reçues, son souvenir était peu entretenu aux débuts : il fallait alors rompre avec l’image du « peuple mouton » se rendant docilement à l’abattoir!


Ma critique à l’égard du journaliste : si je suis d’accord sur le fond je ne le rejoins pas quand il tombe dans l’éternel discours culpabilisant l’homme blanc (qui est d’une certaine façon le complément du discours de supériorité…). D’une part M. Gresh oublie que les mêmes intellectuels anticolonialistes qu’il admire ont été extrêmement silencieux au moment de la catastrophe palestinienne de 1948. Je ne saurais que le conseiller de lire le document de Jacques Dalloz « La création d’Israël vue par la presse française ». A trop sombrer dans la caricature il rend service aux défenseurs de la cause sioniste.

Par ailleurs il semble oublier que le XXème siècle a été marqué par l’explosion démographique du tiers-monde, cause essentielle (principale?) de la décolonisation, exactement à l’opposé du sort des Amérindiens ou des Aborigènes. Les Palestiniens sont dans une situation paradoxale : d’un côté ils ont été submergés par la démographie de leurs ennemis, de l’autre leur forte natalité leur a permis de résister et tenir jusqu’à aujourd’hui.

Pour condamner le sionisme il est inutile de chercher loin : un simple rappel des principes de la République française devrait suffire à condamner le principe même d’un Etat ethno-religieux, incompatible avec une vision laïque, égalitaire, fraternelle du monde, surtout si cet Etat est installé là où des populations d’autres ethnies et religions vivent!

Je tiens personnellement un discours pro-palestinien parce que je considère que l’autochtone a toujours plus de droits sur une terre que le nouvel arrivant : « La Palestine appartient aux Arabes de la même façon que l’Angleterre appartient aux Anglais et la France aux Français. » (Gandhi, journal Harijan, 26 novembre 1938).

Aujourd’hui pour critiquer le sionisme, on peut encore fouiller dans une histoire typiquement française, par exemple la destruction de la colonne Vendôme en 1871 par les communards, qualifiée alors de « monument de barbarie, un symbole de force brute et de fausse gloire, une affirmation du militarisme, une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l’un des trois grands principes de la République française, la fraternité ».


Ces critiques n’enlèvent rien aux qualités du livre, dont la lecture est d’ailleurs aisée. Une piqûre de rappel qui reste toujours indispensable.

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Une émission pour comprendre le problème du sionisme : L’expulsion des Palestiniens

« Rendez-vous avec X » est une émission qui passait sur France Inter régulièrement de 1997 à 2015. Pour avoir écouté de nombreux épisodes, je peux dire que la qualité est inégale, on alterne entre le moyen et le très bon. Heureusement nous sommes ici dans le très bon, le thème sulfureux et passionnel de l’expulsion des Palestiniens a ainsi été abordé en juin 2001 au moment de la seconde intifada.

Le dossier est très complet, on peut comprendre ainsi le véritable projet du sionisme dès le départ : expulser les populations autochtones et s’emparer de toute la Palestine…

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P. Richelle, F. Rébéna – Mitterrand, un jeune homme de droite

1935. François Mitterrand a 19 ans et ne sait pas encore qu’il accédera à la plus haute fonction de l’État quelques quarante-cinq années plus tard. Jeune bourgeois catholique, vichyste et résistant, fin stratège et meneur d’hommes, il incarnera la gauche française.

Des prisons allemandes à la France libre, la jeunesse de ce « prince de l’ambiguïté » discret et cultivé, épris de littérature, s’inscrit dans les tourments de l’histoire du XXe siècle.

Bande dessinée biographique s’étalant sur une décennie (1935-1945), nous avons là un récit passionnant sur ce personnage, qui à cette époque avait beaucoup de fréquentations venant de la droite la plus dure, certains inspirés par les idées maurrassiennes voulant mettre à bas le régime républicain. S’il fut membre des « Volontaires nationaux », association dépendant des Croix-de-Feu du colonel de la Rocque, Mitterrand ne semble en revanche pas être tombé dans le piège de l’extrémisme haineux.

Don Juan avec les femmes, c’est avec plaisir que l’on découvre sa personnalité complexe  ainsi que ses épreuves durant la Deuxième guerre mondiale, notamment son passage polémique à Vichy, ses sympathies pétainistes avant qu’il ne devienne le résistant connu sous le nom de Morland.

On appréciera que le travail ne soit pas exclusivement axé sur le personnage, le contexte très tendu dans l’Hexagone est rappelé à de multiples reprises ; l’évasion du général Giraud de sa prison allemande est par exemple racontée.

Un document très intéressant sur cette période troublée, à conseiller.

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