Les communards contre les feignasses (ou le socialisme contre l’assistanat)

0:00 Marseillaise de la Commune (Marseillaise of the Commune)
3:15 L’Internationale (The Internationale)
6:35 Le Drapeau Rouge (The Red Flag)
9:39 L’Armistice (The Armistice)
11:35 Le Sire de Fisch-Ton-Kan (The Sire of Fisch-Ton-Kan)
15:20 Quand Viendra-t-Elle? (When Will It Come?)
19:19 Paris Pour un Beefsteak (Paris For a Beefsteak)
22:45 La Canaille (The Mob)
25:45 Mourir Pour la Patrie (Die For the Fatherland)
27:35 L’Insurgé (The Insurgent)
30:55 La Communarde (The Communard)
35:25 La Semaine Sanglante (The Bloody Week)
39:45 Le Capitaine «Au mur» (The Captain on the Wall)
43:10 Le Temps des Cerises (The Cherry Season)
47:55 Le Tombeau des Fusillés (The Tomb of the Shot)
51:15 Jean Misère (Jean Misery)
55:30 Elle N’est Pas Morte (She is Not Dead)
58:25 Vive la Commune! (Long Live the Commune!)


Le journal La Décroissance s’est clairement positionné, à de multiples reprises, contre le revenu de base également appelé « allocation universelle », assistanat institutionnalisé proposé par des personnalités de tout l’échiquier politique (Benoît Hamon par exemple cette année). Leur argument est que le mouvement socialiste originel avait pour but précisément d’émanciper les travailleurs du capital et sûrement pas de généraliser la rente. Toute l’idée du socialisme à la base était que le travail était dépossédé, volé par les capitalistes. C’est tout l’inverse de l’assistanat! Dans leur « manifeste du parti communiste » Marx et Engels proposaient le travail obligatoire (huitième proposition présente au chapitre II : travail obligatoire pour tous), c’est dire à quel point il était inconcevable que l’on puisse être payé ne rien faire!

Si le mensuel m’a paru par moments critiquable (encore qu’il est sans doute le journal dont je suis le plus proche en terme d’idées), il vise juste sur ce point. En écoutant les chansons en hommage aux communards (dont j’ai mis le lien sur une compilation), il est frappant de constater l’évolution des mentalités sur ce point :

L’Internationale (quatrième et sixième couplet) : « Les rois de la mine et du rail/Ont-ils jamais fait autre chose/Que dévaliser le travail? […] Ouvriers, paysans nous sommes/Le grand parti des travailleurs/La Terre n’appartient qu’aux hommes/L’oisif ira loger ailleurs. »

-Le Drapeau rouge : « Osez, osez le défier/Notre superbe drapeau rouge/Rouge du sang de l’ouvrier. »

-La Canaille : « Ce n’est pas le pilier de bagne/C’est l’honnête homme dont la main/Par la plume ou le marteau gagne/En suant son morceau de pain/C’est le père enfin qui travaille/Les jours et quelquefois les nuits. »

-L’Insurgé : « Tant qu’un seul pourra sur la sphère/Devenir riche sans rien faire […] A la bourgeoisie écoeurante/Il ne veut plus payer de rente/Combien de  milliards tous les ans? »

-La Semaine sanglante  : « A quand enfin la République/De la justice et du travail? »

-Jean Misère : « Maigre salaire et nul repos. »

-Vive la commune! : « L’étendard du travailleur/Sera toujours le meilleur. »


Notons encore le très fort patriotisme (pour ne pas dire le nationalisme) que les révolutionnaires parisiens portaient en eux!

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[Parenthèse] Jacques Tardi et l’anachronisme du poing levé!

J’ai récemment terminé la lecture du « Cri du peuple », en constatant que Jacques Tardi avait dessiné les communards faisant le poing levé…

…signe de ralliement antifasciste apparu dans les années 20, généralisé dans les années 30 avec l’exemple célèbre des Républicains espagnols. La Commune de Paris a eu lieu en 1871. Mine de rien, cela nous fait un anachronisme d’un demi-siècle!

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Lénine, une autre histoire de la Révolution russe (documentaire, 2017)

Diffusé sur Arte le 28 février dernier, je l’ai vu au Corum de Montpellier dans une salle bondée, dans le cadre du centenaire de la Révolution russe. On comprend comment les évènements de 1917 à Petrograd (nom depuis 1914 de Saint-Petersbourg), de la chute du tsar à la prise de pouvoir par les bolchéviques, évènements qui se sont parfois joués sur des détails, ont fait basculer le monde.

On découvre un Lénine cynique, assoiffé de pouvoir, qui passait alors pour un illuminé, longtemps minoritaire à l’intérieur même du parti bolchévique, sévèrement corrigé par Kerenski lors d’un débat politique. Les soviets n’étaient alors pas désireux de prendre le pouvoir, du moins au départ, la responsabilité étant trop lourde et la démocratie parlementaire jugée indispensable. Malheureusement tout s’effrite petit à petit. Le gouvernement perd en crédibilité, la situation sociale empire et le front s’effondre. La Russie s’enfonce dans une situation de pré-guerre civile, la haine entre classes sociales s’exacerbe, l’option du coup d’Etat de Lénine gagne de plus en plus d’adeptes, alors que parallèlement le pouvoir monte à la tête de Kerenski.

Le documentaire est fidèle à ce que j’ai lu dans le livre d’Orlando Figes que j’avais recensé. On a notamment droit au témoignage du menchevik Nicolas Soukhanov. Réalisé par Cédric Tourbe, il a reçu l’appui de l’historien Marc Ferro. Il permet aussi de corriger les délires du réalisateur Eisenstein avec son (très bon) film Octobre.

Réussi et prenant, précis et complet tout en étant pédagogique et accessible, je le conseille fortement.

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Reiser seize ans avant la première guerre du Golfe!

J’avais parlé dans un précédent article d’une vieille planche de ce dessinateur, très provocatrice et, hélas, prophétique. Elle datait de 1979. L’opération « Tempête du désert » a eu lieu en janvier-février 1991… Cette humiliation infligée aux Iraquiens sera en partie à l’origine de Daesh…

Les idées de Reiser fleuraient bon le gauchisme écologiste, libertaire et antimilitariste. Mais il était aussi très mal-pensant, avec une liberté de ton qu’on ne se permettrait plus aujourd’hui (les couvertures de Charlie Hebdo des années 70 sont assez parlantes…). Je n’ose pas imaginer le nombre de fois où il aurait été condamné avec la loi Pleven, même si le caricaturiste n’avait absolument rien de raciste (au contraire).

En lisant l’album « Sont pas plus forts que nous » à la médiathèque (et comme « Plage privée » que j’avais cité, il n’est plus édité), je me suis rendu compte qu’il avait anticipé la future politique américaine Bush-iste (père et fils confondus) dès 1975 déjà! C’était alors l’année de la mort de Franco, de la Marche verte au Sahara occidental, de la fin de la guerre du Vietnam etc. Et le prix du pétrole avait explosé, conséquence du premier choc de 1973-1974.

Reiser avait prévu la solution américaine à la crise énergétique, cela se passe de commentaires…

 

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« Dunkerque » ou l’éternel impérialisme culturel anglo-saxon?

J’ai pu voir la dernière production de Christopher Nolan le jour de sa sortie, traitant de la fameuse évacuation miraculeuse du corps expéditionnaires britannique en mai-juin 1940 (presque rien sur la bataille en revanche). Prenant et immersif, ce n’est pas sa qualité cinématographique dont il est question. Le véritable problème est toujours le même en fait : l’absence de soldats autres qu’anglo-saxons dans les blockbusters, même quand ces derniers ont combattu héroïquement. C’est le cas de l’Armée française durant la bataille de France, contrairement à ce que beaucoup imaginent (cf Dominique Lormier). Effet de l’impérialisme culturel, encore une fois, même si dans le film ces combats acharnés dans la ville sont évoqués dans les dialogues… mais jamais montrés!

Précisons qu’on ne voit jamais non plus, ou presque, de soldats allemands, mais ce point peut se comprendre, Nolan a sans doute voulu rajouter un aspect réaliste : dans la véritable guerre, on ne voit que très rarement l’ennemi.

Pour le reste, c’est ce type de scénario qui réveille le nationaliste qui dort en moi!

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Qu’a réellement dit Jean-Marie Le Pen le 28 janvier 1958 sur l’islam et les Algériens à l’Assemblée nationale?

Il s’agit d’un extrait de ce discours de ce célèbre homme politique que j’avais moi-même repris dans un ancien article : « Ce qu’il faut dire aux Algériens… » où Jean-Marie Le Pen appelait les Algériens à s’installer en France, avec un discours dégoulinant d’antiracisme et d’islamophilie. Et tout cela au nom de l’Algérie française! Cela peut paraitre incroyable, mais ce n’est pas si contradictoire que ça. C’est un paradoxe récurrent de l’impérialisme à travers l’Histoire : les puissances dominantes ont du intégrer les peuples soumis. Mais oui ou non, l’a-t-il réellement prononcé? Est-ce que ce n’est pas sorti de son contexte?

Il faut commencer par rappeler qui était Jean-Marie Le Pen le 28 janvier 1958. Il avait alors 29 ans et avait été élu député lors des législatives du 2 janvier 1956 sous la liste poujadiste « Union et Fraternité Française ». Il a déjà été brièvement en Indochine en 1954, puis après son élection est retourné dans l’armée : il a sauté sur Port-Saïd en Egypte (expédition de Suez, novembre 1956) puis a participé à la mal nommée « bataille d’Alger » en 1957, épisode où une polémique viendra avec l’accusation de torture.

Le contexte politique d’alors : les débats parlementaires portaient sur la nouvelle loi-cadre (voir ce lien) sensée réformer les institution de l’Algérie française, à laquelle s’oppose aussi bien les anticolonialistes que les partisans du maintien de la France. Le discours de Le Pen arrive juste après celui du député communiste Robert Ballanger, ce dernier critiquant de façon acerbe la pacification, la poursuite de la guerre, appelant à la négociation avec le FLN, accusant les colonialistes de mener une politique « antinationale » contraire aux intérêts des deux peuples (soit dit en passant, il s’agit d’un vocabulaire qu’aucun militant d’extrême-gauche n’emploierait aujourd’hui…).

Jean-Marie Le Pen défendait donc, comme on le sait, l’Algérie française. Il fait la distinction entre la rébellion et la population algérienne, dans une pure logique de guerre subversive et psychologique, contre le FLN. Il souhaitait donc intégrer dans la nation la « masse musulmane » (nom alors donné aux Algériens, mais ce n’est pas le seul peuple à être désigné selon sa religion supposée, cf l’Irlande du nord avec les « Catholiques » et les « Protestants », ou les « Musulmans » de Yougoslavie). On peut donc trouver dans sa plaidoirie :

II est incontestable que la seconde moitié du XXe siècle
a été marquée par l’explosion des nationalismes; les peuples
anciennement colonisés éprouvent un besoin profond, plus
puissant peut-être que le désir de se procurer du pain et de
l’eau, celui d’avoir une nation […].

Je prétends qu’il y a dans la masse musulmane une profonde aspiration à faire partie d’une entité nationale et à participer en tant que citoyens égaux à une nation. Cette nation, je l’affirme, peut être la France. La solution adoptée alors aurait le double mérite de satisfaire les aspirations nationales des Musulmans et de concorder avec l’intérêt de la France.

Arrive enfin le passage qui nous intéresse, j’ai mis en gras les extraits qui sont souvent repris :

Ce qu’il faut dire aux Algériens, si nous voulons en faire des Français, ce n’est pas qu’ils ont besoin de la France, mais que la France a besoin d’eux, c’est qu’ils ne sont pas un fardeau ou que, s’ils le sont pour l’instant, ils seront, au contraire, la partie dynamique et le sang jeune d’une nation française dans laquelle nous les aurons intégrés.
On s’est attaché trop souvent aux aspects secondaires de la
situation, à des questions importantes, certes, mais qui ne sont pas fondamentales : le paupérisme de la population, la démographie galopante, alors que l’obstacle majeur à la création d’une communauté unitaire résulte de l’aspect sociologique du problème.
Les institutions musulmanes ou d’origine musulmane, les us et coutumes, le mode de vie, aboutissent à créer dans la population musulmane une psychologie sociale particulière. Mais les causes de cette situation sont-elles irréversibles ?
En analysant les facteurs sociologiques d’une situation qui
crée le particularisme algérien, on tente souvent d’expliquer le phénomène par la religion ou la race et, considérant ces deux facteurs comme immuables, on en tire argument pour douter de la possibilité d’assimilation ou pour la nier.
J’affirme que, dans la religion musulmane, rien ne s’oppose au point de vue moral à faire du croyant ou du pratiquant musulman un citoyen français complet. Bien au contraire. Sur l’essentiel, ses préceptes sont les mêmes que ceux de la religion chrétienne, fondement de la civilisation occidentale.
D’autre part, je ne crois pas qu’il existe plus de race algérienne qu’il n’existe de race française. Il y a, en effet, une collectivité que les us et coutumes ancestraux séparent à la fois du monde moderne et de la collectivité d’origine métropolitaine.

La suite du discours s’étend sur les rapports entre la République laïque, la religion et la tradition. M. Le Pen faisait globalement un discours colonialiste, civilisationnel mais aussi égalitaire et progressiste, pour l’abolition de certaines coutumes archaïques. Comme le montre le passage sur la démographie, il s’oppose à la vision que pouvait avoir un Raymond Aron (« La Tragédie algérienne »). Il s’élève contre l’assistanat comme solution à la pauvreté et aux inégalités, concluant enfin :

La masse de la population musulmane — je ne parle pas de la rébellion — aspire à la dignité. Elle ne cherche pas à se séparer; elle aspire, au contraire, à se fondre dans un ensemble où il ne s’agirait pas seulement pour elle de recevoir mais de donner. La notion d’assistance a marqué toute la politique française depuis des années. Nous avons assisté le peuple algérien comme les bourgeois donnent 10.000 francs aux pauvres en espérant régler la question sociale.
Sans doute faut-il donner du travail aux Musulmans. Dans ce domaine que je qualifie de secondaire, votre action, monsieur le ministre, a été réelle. Pour la solution du problème économique, du problème des petits échelons politiques, notamment, le Gouvernement auquel vous appartenez a des réalisations indéniables à son actif. Mais celles-ci sont vouées à l’échec si l’on ne s’attaque pas à l’essentiel, c’est-à-dire à la destruction des barrages, afin de créer cette communauté humaine qui est fonction des institutions juridiques et des coutumes qui régissent une collectivité.
Je conclus. Encore une fois tout est une question d’optique. Offrons aux Musulmans d’Algérie — comme ces mots me gênent, car ils ne font que cacher, bien mal, la réalité ! — l’entrée et l’intégration dans une France dynamique, dans une France conquérante. Au lieu de leur dire, comme nous le faisons maintenant: « Vous nous coûtez très cher; vous êtes un fardeau », disons-leur: « Nous avons besoin de vous. Vous êtes la jeunesse de la Nation. »
Et c’est vrai : certains évaluent les problèmes moraux et humains en termes mathématiques : est-ce qu’une mère évalue la vie de son fils en argent ? Qui peut évaluer en milliards de dollars ou de roubles ce que vaut pour une Nation le fait d’avoir dix millions de citoyens de plus ? Comment un pays qui a déploré longtemps de n’avoir pas assez de jeunes pourrait-il évaluer le fait d’en avoir cinq ou six millions ?
Je m’étonne de la répugnance qu’éprouvent de très nombreux Français de métropole à l’idée qu’il y a en Algérie six millions d’hommes jeunes ; car ces jeunes hommes seront peut-être,si nous le voulons, le fer de lance de la France africaine.
Si nous sommes capables d’atteindre cet objectif, alors le jeune Algérien ne sera pas celui à qui l’on vient donner l’aumône, il deviendra celui à qui l’on demande. Et c’est vrai : la France a besoin de l’Algérie, peut-être plus que l’Algérie n’a besoin de la France.

Donc voilà, Jean-Marie Le Pen était bien favorable à l’intégration de millions de musulmans à la France. Certes, ce n’était nullement des « immigrés », l’Algérie faisait partie, juridiquement, du territoire français. Et déjà il y avait une volonté de bâtir un islam républicain! Mais l’ironie est mordante quand on connaît la suite. Le Front National ne sera fondé qu’en 1972.

Autre député poujadiste, Alexis Pelat intervient à la suite et ne tient pas des propos différents :

Les départements de l’Algérie sont français. Mesdames, messieurs ; ouvrez donc largement et fraternellement les portes de la France à tous les Algériens qui voudront opter pour notre pays pour en faire leur patrie.

On relèvera qu’il y avait dix millions d’Algériens à l’indépendance en 1962, qu’ils sont quatre fois plus nombreux aujourd’hui!


Le document au format pdf des débats parlementaires peut être téléchargé ici, p.29-30 pour le discours de Jean-Marie Le Pen : http://4e.republique.jo-an.fr/numero/1958_i7.pdf

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[Parenthèse] Ce que je n’apprécie pas dans l’extrême-droite identitaire…

J’ai lu récemment « La France identitaire » d’Eric Dupin, recensant à travers les chapitres plusieurs figures de cette mouvance très présente sur internet, regrettant la modification du caractère traditionnel et ethno-religieux des nations occidentales. Le journaliste souligne parallèlement, dans certains passages, le fait que Jean-Marie Le Pen était prêt à intégrer des millions de musulmans à la France quand il défendait l’Algérie française (cf l’extrait de son discours  du 28 janvier 1958 « Ce qu’il faut dire aux Algériens », je reviendrai dessus).

Quand on parle « d’extrême-droite », il faut toujours avoir à l’esprit qu’il s’agit de tout un corpus idéologique, qui a son lot de contradictions et de paradoxes. Et moi-même, pourtant hostile à l’immigration car le phénomène ligue les peuples les uns contre les autres, j’ai un profond mépris pour tout ce courant de pensée identitaire, ethnique, racialiste, haineux, dont les animateurs font souvent preuve d’une immense hypocrisie (et aussi, très souvent, d’un niveau intellectuel extrêmement bas…).

Puisque nous sommes le 18 juillet, voici un exemple pour l’illustrer, que j’avais déjà utilisé sur ce blog. Voici quelques extraits du documentaire sur la guerre d’Espagne Mourir à Madrid de Frédéric Rossif, lorsque le narrateur donne le point de vue franquiste :

Vous tous, qui ressentez le saint amour de l’Espagne. Vous tous, qui avez juré de la défendre contre ses ennemis jusqu’à perdre la vie. Vous tous, la nation vous appelle à sa défense. L’Armée a décidé de rétablir l’ordre en Espagne.

Pour ceux qui veillent sur l’Espagne éternelle. Pour ceux qui veillent sur l’Empire de Charles Quint et du Christ-Roi. Pour les descendants des conquistadors. Pour les mystiques de Thérèse d’Avila. Pour l’Espagne de la croix et de l’épée. Pour ceux qui ont toujours besoin de croisades. Il faut la guerre!

Nous sommes catholiques. En Espagne on est catholique ou on est rien.

Croisés d’Espagne! Il faut vaincre, vaincre comme ont toujours vaincu les Espagnols, l’épée à la main, l’héroïsme dans le coeur et la prière sur les lèvres.

Le soulèvement [c’est à dire le coup d’Etat] n’a pas été seulement juste. Il a été un devoir. La guerre nationale espagnole est une guerre sainte, la plus sainte que l’histoire ait connu.

Parallèlement les troupes d’élites de Franco étaient recrutées au Maroc : les Regulares.

Un regular typique.

On admirera la tête du « croisé », pas très espagnol ni très catholique. Je n’ose pas imaginer la schizophrénie des « identitaires » de l’époque, glorifiant la tradition historique espagnole et la ridiculisant simultanément. J’ai fouillé sur tous les sites internet islamophobes/anti-maghrébins, j’ai constaté un silence assourdissant sur ces musulmans qui ont combattu pour une dictature fasciste européenne!

Comprenne qui pourra!

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