Howard Zinn, Mike Konopacki, Paul Buhle – Une histoire populaire de l’empire américain

Dans ce roman graphique c’est plus le militant Howard Zinn que l’historien qui s’exprime. Mais ça ne l’empêche pas d’être agréable et enrichissant. L’ouvrage commence avec le massacre de Wounded Knee de 1890 qui clôturait les guerres indiennes et se termine par le déroulement de l’opération AJAX, bien détaillée, manipulation très pernicieuse pour destituer Mossadegh en Iran après un chaos soigneusement entretenu par la CIA.

On découvre derrière la façade démocratique états-unienne l’impérialisme brutal à l’extérieur mais aussi un système répressif très dur à l’intérieur. Alors qu’à Cuba et surtout aux Philippines où la guérilla après 1898 durera plus d’une décennie, le colonialisme espagnol est remplacé par une nouvelle forme de domination, le pays est parallèlement secoué par un mouvement ouvrier animé par la figure de Eugène Debs. Des aspects méconnus sont abordés comme les diverses résistances (syndicalistes, religieuses) à la conscription mise en place en 1917 lors de la Première guerre mondiale, les objecteurs de conscience remplissant les prisons…

L’auteur apporte aussi des éléments autobiographiques, expliquant son engagement dans l’aviation américaine durant la Seconde guerre mondiale par conviction antifasciste. Il découvre l’existence du napalm lors de son utilisation à Royan en France, en avril 1945. Toujours dans le cadre du bombardement stratégique il explique le bombardement de Hiroshima comme un message envoyé à l’URSS de rester en dehors du Japon.

Le racisme à l’encontre des minorités (noirs et amérindiens surtout) revient à plusieurs reprises, mais l’historien précise que la domination n’est pas tant celle de l’homme blanc que de certains hommes blancs : ceux qui dirigent les grands groupes industriels.

La guerre du Vietnam est naturellement abordée avec par exemple l’emprisonnement des dissidents dans la prison de Long Binh comportant 90 % d’Afro-américains et la publication des documents de Pentagone par Daniel Ellsberg (là encore cela devient autobiographique vu que le professeur y a joué un rôle).

Autre pays qui a droit à un descriptif : le Nicaragua, avec notamment la figure de Augusto Sandino (1895-1934) dont la vie est narrée. L’auteur s’attarde ensuite sur la révolution sandiniste et la sale guerre des Contras (contre-révolutionnaires) financés par les Etats-Unis, ce qui avait créé un scandale vu leurs exactions.

L’ouvrage dans son ensemble est fort sympathique malgré quelques tendances à la caricature. On regrettera peut-être que le format ait obligé par moments à abréger le contenu ou encore l’absence de certains sujets d’importance comme la guerre de Corée.

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