Une conférence de Howard Zinn sur les trois guerres sacrées de l’Oncle Sam

Howard Zinn (1922-2010) était un historien américain surtout connu pour son best-seller Histoire populaire des Etats-Unis. N’ayant pas le courage de commencer ce pavé je me suis rabattu honteusement sur son adaptation en bande dessinée Histoire populaire de l’empire américain*. Son militantisme et ses positions ne sont pas sans rappeler celles d’un Noam Chomsky par exemple.

Dans cette conférence de 2009 il déboulonne les mythes de l’Oncle Sam en remettant en cause cette tradition belliciste, s’attaquant à trois guerres sacrées ou plutôt « saintes », servant de justification à toute politique étrangère agressive des différents présidents : la guerre d’indépendance (1775-1783), la guerre de sécession (1861-1865) et la Seconde guerre mondiale, en rappelant à chaque fois leurs terribles coûts humains, les faits qui ont été soigneusement camouflés de l’histoire officielle et leurs véritables buts, beaucoup moins nobles et héroïques que ceux avancés.

Par rapport à ce qu’il affirme sur la guerre de sécession, il est un peu dommage qu’il n’ait pas parlé des énormes territoires pris au Mexique en 1848, cause essentielle de la guerre civile qui suivra – un « détail » dont on ne parle pratiquement jamais. Mais je suis d’accord sur le reste : la Confédération avait voté démocratiquement son indépendance (et rappelons que la sécession n’avait rien d’absurde si on la compare avec l’évolution géopolitique de l’Amérique latine) d’une part, d’autre part l’esclavage aurait pu être aboli par d’autres méthodes, une abolition pacifique ayant eu lieu dans les autres pays.

Son scepticisme par rapport au discours dominant lui est venu en partie d’un bombardement auquel il avait participé lorsqu’il était membre de l’équipage d’un B-17, sur une ville de France, Royan, en avril 1945, contre une poche allemande qui subsistait alors que la guerre était sur le point de se terminer. Le « feu gluant » alors utilisé entraînant la mort de civils français n’était rien d’autre que du napalm!

Il rappelle plus généralement les massacres que sont les « bombardements stratégiques », les 600 000 civils allemands tués, la dévastation de Tokyo (lire cet article de Libération) ou encore la véritable raison de Hiroshima « première étape de la guerre froide ».

Si bien sûr certains passages sont discutables, ce discours appelle à la réflexion sur l’agressivité états-unienne.


*Citons cet extrait de l’introduction ô combien d’actualité, tiré de ce qu’il avait écrit après le 11 septembre 2001 :

Puis nos leaders politiques sont apparus à la télévision, et je me suis senti à nouveau horrifié et malade. Ils ont parlé de représailles, de vengeance, de punition. « Nous sommes en guerre » dirent-ils. Et je pensai…

… ils n’ont rien appris, vraiment rien, de l’histoire du vingtième siècle, d’une centaine d’années de représailles, vengeances, guerres, d’une centaine d’années de terrorisme et de contre-terrorisme, de violence répondant à la violence en un cycle sans fin de stupidité.

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