Yuval Noah Harari – Sapiens : une brève histoire de l’humanité

Voici un ouvrage qui a battu des records de vente, on peut facilement le trouver sur les devantures des librairies. Emprunté et réservé dans toutes les médiathèques de Montpellier, j’ai eu du mal à me le procurer!

Il n’est clairement pas un livre d’histoire comme les autres, sur bien des points il est même très différent de ceux dont j’ai l’habitude, bien que l’auteur soit un universitaire. Le langage est clair, la lecture fluide, aisée, rapide, c’est un plaisir de le dévorer malgré sa taille (500 pages). C’est plus que de la vulgarisation, « histoire de l’humanité » dans le titre parait même abusif, c’est plutôt une réflexion sur l’évolution de l’être humain par rapport à son environnement, depuis l’élévation de Homo Sapiens au sommet de la chaîne alimentaire, de sa domination sur les autres type de Homo (neanderthalensis et erectus notamment) aux multiples transformations de la société humaine jusqu’à nos jours.

On peut constater que l’homme a été de tout temps une catastrophe écologique, menant à l’extinction de nombreuses espèces lorsqu’il chassait, malgré l’image du bon sauvage en symbiose avec la nature qu’on aimerait avoir!

Il cite les multiples paradoxes de l’humanité, sur la question de l’identification par rapport au passé. Par exemple souvent on s’identifie aux opprimés tout en baignant dans la culture de l’oppresseur. Les Espagnols sont culturellement de purs descendants de Romains, mais s’identifient aux Celtes qui leur ont résisté à Numance (équivalent de notre Vercingétorix).

De nombreuses remarques sont justes, notamment celles qui ont trait au bonheur. Un banquier parisien vivant dans un appartement luxueux est-il vraiment plus heureux que son ancêtre du Moyen-Âge, paysan français vivant dans la crasse?

Il explique la domination européenne sur le monde à partir de la Renaissance par la révolution de l’ignorance, qui a rendu possible la révolution scientifique. On a commencé à admettre que l’on ne savait pas tout, qu’il fallait donc chercher. Les Grandes découvertes, au dépens de peuples autochtones comme les Amérindiens, ont alimenté les découvertes scientifiques et vice versa.

On regrettera quelques passages très « politiquement corrects », un peu irritants, ainsi que le fait que le style de l’auteur ne soit pas toujours scientifique, les sources citées en bas de page étant rares (et il n’y a d’ailleurs pas de bibliographie).

Enfin j’ai constaté que l’historien croyait au désastre écologique mais non à la raréfaction des ressources (chapitre 17), estimant qu’elles étaient abondantes sur la planète. C’est un point qui me laisse sceptique : il suffit de se rappeler de l’impact énorme du choc pétrolier de 1973-1974 sur les économies occidentales pour constater que non, décidément, l’énergie n’est pas illimitée…

Ces quelques défauts n’enlèvent heureusement pas grand chose au plaisir de la lecture. Nous avons là un livre qui fait beaucoup réfléchir sur notre vie quotidienne!

A lire pour finir, l’entretien du professeur à Télérama : http://www.telerama.fr/idees/sapiens-l-homme-qui-se-racontait-des-histoires,131186.php

Ou encore en vidéo :

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