Nicolas Bonanni – L’amour à trois : Alain Soral, Eric Zemmour, Alain de Benoist

Dans le combat politique, la bataille des idées joue un rôle déterminant. Alain Soral, Eric Zemmour et Alain de Benoist l’ont bien compris. Ils dispensent dans les médias leurs thèses anti-universalistes, inégalitaires et misogynes. Thèses qui irriguent toute la société, et en premier lieu le Front national.
Ce petit ouvrage propose une lecture critique de la pensée de ces intellectuels de l’autre droite qui ont fait de la  » guerre culturelle  » leur stratégie principale.

Cet opuscule présent à la médiathèque centrale de Montpellier avait retenu mon attention, dénonçant la pensée misogyne, anti-égalitaire, réactionnaire des trois compères. Connaissant un peu leurs idées, sachant qu’ils sont à la fois antilibéraux, anti-américains et conservateurs, très critiques à l’égard de l’héritage de mai 1968, contre la « pensée unique » et la « bien-pensance », et vu la taille ridicule de l’ouvrage, je n’ai pas hésité à l’emprunter.

Eric Zemmour, on ne le présente plus tellement sa présence médiatique est imposante. Il m’est arrivé de le lire un peu et d’écouter ses chroniques, même s’il touchait juste sur un certain nombre de points, son discours donneur de leçons est assez désagréable, et le journaliste est souvent extrêmement superficiel.

Alain Soral, fondateur de « Egalité et réconciliation », s’est d’abord fait connaître dans les années 90 grâce à la télévision, mais pour ceux de ma génération on le connait avant tout en raison de sa notoriété sur la toile. Le personnage est amusant, je dois avouer que je regardais régulièrement ses vidéos (j’ai décroché depuis), partagé entre une certaine admiration devant son discours de vérité, une consternation par rapport à sa démagogie et certains délires et une répulsion devant l’outrance… Ses excès sur les femmes et surtout son obsession sur les Juifs me font régulièrement penser à la formule d’August Bebel sur le « socialisme des imbéciles ». Je dois toutefois lui dire un grand merci, c’est grâce à lui (et Dieudonné bien sûr) que j’ai pris conscience de tout le ridicule de la religion de la Shoah.

Alain de Benoist est sans doute le plus intéressant du « trouple », pour reprendre la formule du texte. Il est aussi le plus intellectuel (en l’écoutant on sent un homme d’une grande culture), le moins outrancier et provocateur, ce qui explique aussi qu’il est également le moins connu. Soral accuse Zemmour de le plagier, mais c’est sur Alain de Benoist et sa revue Eléments que les deux polémistes puisent souvent leurs inspirations.

Nicolas Bonanni avec une dizaine de très courts chapitres donc résume et critique (très brièvement) la pensée des trois auteurs, par exemple les accuse de caricaturer la véritable philosophie soixante-huitarde, celle des situationnistes et des « vrais » libertaires. Moi-même je suis assez énervé par les simplifications abusives, à en croire Zemmour on vivrait dans un rêve anarchiste – comme si les travailleurs français pratiquaient l’autogestion de la révolution espagnole de 1936…

D’un autre côté je comprends parfaitement leurs succès. Tant que l’extrême-gauche soi-disant « révolutionnaire » sera incapable d’émettre la moindre critique de l’immigration de masse, tant qu’elle restera cantonnée à un discours sans-frontiériste aussi irresponsable, tant qu’elle fera preuve d’un incroyable mépris pour le petit peuple français (coupable d’être français chez lui…), tant qu’elle ne parlera pas sérieusement de questions comme l’identité ou la sécurité, alors tous les Soral et les Zemmour auront encore de très beaux jours devant eux.

Il y aurait pourtant beaucoup de choses à dire venant de ce bord, toute la violence mondialiste que je viens de citer n’est que la conséquence du système capitaliste : individualisme, libre concurrence et recherche du profit…

Concernant Alain de Benoist, Bonanni semble oublier que si le philosophe a un discours anti-égalitaire et anti-universaliste, il tient des propos économiquement très à gauche, a une posture tiers-mondiste en relations internationales et se dresse également contre l’islamophobie dans le contexte actuel (par exemple on peut lire son entretien du 18 janvier 2015 « Les islamophobes sont les idiots utiles de l’islamisme radical »). Il est proche de Soral sur ce point et diamétralement opposé aux provocations de Zemmour…

L’auteur tente bien de donner des explications à leurs audiences, mais il est très timoré. Je préfère cent fois à titre personnel un Jean-Claude Michéa, qui a sans doute la pensée la plus cohérente et la moins démagogique de tout le paysage intellectuel français!

Je tiens à préciser que je n’apprécie pas plus le bobo-gauchisme mondialiste (stade suprême du capitalisme!) que le droitisme identitaire que je trouve d’une monstrueuse hypocrisie (j’en parlerai dans un prochain article). Sur ce blog j’essaie de critiquer toutes sortes d’idéologues et de mettre en lumière leurs contradictions respectives.

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