Comment l’extrême-gauche cautionne la violence du système capitaliste..

Je dois avouer que les résultats des élections m’intéressent moyennement, d’une part parce que ce qui devrait être l’exercice de la souveraineté populaire semble être ramené à un vulgaire spectacle, une compétition sportive ; d’autre part l’aberration de ce type de scrutin est très énervante : l’organisation d’élections législatives à un seul tour à la proportionnelle, comme cela s’est passé en 1986, seule expérience de ce type durant la Vème république, au lieu des quatre tours que l’on connaît (présidentielle suivies des législatives), nous éviterait cette farce électorale.

Ce qui me frappe le plus dans les professions de foi, c’est cette inconscience des candidats Philippe Poutou et Nathalie Artaud réclamant la libre circulation et d’installation pour les migrants… autrement dit : la libre concurrence illimitée entre les travailleurs! Se réclamer du prolétariat et le trahir simultanément à ce point, en légitimant ce que le capitalisme peut avoir de plus sauvage, c’est quand même très fort. Aucun parallèle entre une telle proposition et la libre circulation des capitaux si chère aux économistes libéraux n’est fait. Rien d’étonnant dans ces conditions que l’extrême-gauche ait si peu de crédibilité et qu’elle fasse des scores aussi ridicules. Prendront-ils conscience un jour que voyager partout est un luxe réservé aux bourgeois, que les authentiques prolétaires ne peuvent se permettre?

Notons encore que Poutou va plus loin dans cette légitimation du capitalisme, avec sa « lutte contre les discriminations » et sa volonté de légaliser les drogues. Je renvoie à Michéa pour plus de détails (« Le complexe d’Orphée »).

Dans un autre courant de l’extrême-gauche tout aussi irresponsable, anarchiste ou plutôt se réclamant comme tel, on trouve le mouvement « No border« . Je serais très curieux de savoir ce que les grands théoriciens originels de l’anarchisme : Proudhon, Bakounine, Kropotkine… auraient pensé du fait que l’on récupère leurs idées en faveur de ce sans-frontiérisme radical. Je pense pour ma part qu’absence d’Etat ne veut absolument pas dire absence de frontières. Lors de la révolution sociale espagnole en 1936, les miliciens de la CNT en Catalogne contrôlaient la frontière avec la France…

Qu’auraient pensé encore les Nestor Makhno, les Durruti et tant d’autres, qui ont tenté de véritables révolutions anarchistes à leurs époques? Ils se retourneraient dans leurs tombes!

Publicités
Cet article a été publié dans Actualités et politique, Economie, Immigration. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Comment l’extrême-gauche cautionne la violence du système capitaliste..

  1. Le sieur Poutou devrait d’abord apprendre le respect de ses interlocuteurs, concurrents ou journaliste. Je m’interroge aussi sur l’impartialité de N. Ataud qui est prof en économie.
    Lorqu’on est contre le système, on ne l’exploite pas et l’on ne se sert pas de la campagne électorale pour venir faire son show. Un peu de cohérence, Madame et Monsieur.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s