Farce électorale et parodie de démocratie…

Si Emmanuel Macron l’emporte, je serais curieux de savoir avec quelle majorité législative il gouvernera. Et c’est dans ce type de situation que toutes les aberrations de notre Vème république apparait, un régime issu d’un coup de force, pour ne pas dire d’un coup d’Etat, en pleine… guerre d’Algérie, précisément! Elle a une illégitimité originelle assez forte quand on y repense. C’est un régime dont on ne sait trop s’il est de type présidentiel ou parlementaire.

Lorsque je suivais mes cours de droit constitutionnel, j’avais appris qu’il était « parlementaire à prépondérance présidentielle » – parlementaire malgré tout, le gouvernement étant responsable politiquement devant l’Assemblée nationale, ce qui explique les trois situations de cohabitation en 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002, où le président de la République et le gouvernement étaient de bords opposés. Présidentiel toutefois, surtout depuis le passage en 1962 à l’élection du président au suffrage universel direct, lui conférant une légitimité forte – chose qui était mal vue par le reste de la classe politique, rappelant trop comment Louis-Napoléon Bonaparte avait court-circuité ainsi la IIème République. Et depuis le passage du mandat présidentiel à cinq ans, la cohabitation est devenue impossible, les élections législatives suivant automatiquement les présidentielles et dont le résultat ne laisse alors plus de doute.

Or c’est une atteinte aux principes démocratiques assez forte : le scrutin pour les présidentielles ne peut être que majoritaire, autrement dit discriminatoire contre les courants minoritaires. On ne choisit pas, on élimine. Et concernant les législatives, les partis politiques de petite et moyenne taille sont sous-représentés. Un parti qui ferait 49 % dans toutes les circonscriptions n’aurait aucun représentant! Le passage à la représentation proportionnelle (uniquement testée en 1986) permettrait une meilleure justice électorale.

A cela il faut rajouter d’autres problèmes habituels posés par notre système politique et économique :

-Le défaut général du système représentatif, comme le disait si bien Jean-Jacques Rousseau :

Le peuple anglais pense être libre, il se trompe fort ; il ne l’est que durant l‘élection des membres du parlement : sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien.

On peut se demander si une véritable démocratie garantissant la souveraineté populaire ne peut être que directe (avec révocation des élus) ou au moins semi-directe, avec une consultation par référendum sur les grandes questions. Des référendums qui ne seraient pas des farces comme les Européens en ont connu (attention à ne pas « mal voter », comme en 2005!), c’est le rôle primordial de l’information qui entre en jeu.

-La construction européenne et plus généralement la mondialisation sous toutes ses formes au dépens de la souveraineté nationale : la démocratie ne peut s’exercer que dans le cadre national, il n’y a qu’à voir le désintérêt général pour les élections européennes pour s’en convaincre.

-La dette publique, futur protectorat par nos créanciers, comme la Tunisie l’avait subi en 1881. Une véritable prise d’otage contre les peuples, contraints à être pressés comme des citrons!

-Enfin rappelons ce que pouvait écrire la philosophe Simone Weil sur les partis politiques, un constat toujours d’actualité!

simone-weil-note-sur-la-suppression-generale-des-partis-politiques

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