[Parenthèse] Un petit commentaire sur « La princesse et la grenouille »

J’ai hésité à publier ce texte : est-ce que parler d’un film Disney serait pertinent sur ce blog? En fin de compte je pense que oui, car cela rejoint ce que je peux dire sur d’autres sujets. Les grosses productions ne sont pas seulement les vectrices de l’impérialisme culturel américain, elles sont comme je disais sur l’article précédent, porteuses d’idéologies, ces dernières étant transmises dans l’inconscient de millions d’enfants.

Mais il est amusant de constater que les films sont souvent représentatifs de l’état d’esprit de leurs époques. Observons comment les Disney ont évolué au niveau sociologique : la place de la femme n’a plus rien à voir avec l’image des princesses niaises et dépendantes d’autrefois. En ce qui concerne les classes sociales, on constate une surreprésentation très claire des riches. Disney n’aime pas les petits travailleurs… Il y a bien Aladdin qui rêve de l’ascension sociale la plus extrême, mais il n’est pas un prolétaire : c’est plutôt un sous-prolétaire qui ne travaille jamais et passe son temps à voler les classes moyennes (petits commerçants)…

Concernant les qualités cinématographiques, j’ai pour ma part un grand regret sur les dernières sorties, certes très impressionnantes visuellement, mais pauvres musicalement. C’est toute une magie qui disparait.

Mais venons-en à La princesse et la grenouille datant de 2009, qui m’a agréablement surpris. Pour plusieurs raisons : il y a d’abord un retour aux phases musicales avec un véritable hommage au jazz (né à la Nouvelle-Orléans) ; le fait qu’il se passe dans le quartier français ; et surtout le fait que… l’héroïne, Tiana, soit une authentique prolétaire! Certains ont trop retenu, à tort, qu’il s’agissait de la première princesse (ce qu’elle n’est pas d’ailleurs) afro-américaine. Mais le film insiste peu sur la couleur de peau – et d’ailleurs, se passant dans un Etat de l’ancienne Confédération (la Louisiane) où un racisme institutionnel existait (l’action se passe durant les années 1920), la ségrégation n’est, de mémoire, jamais abordée ou montrée. C’est bien une discrimination anti-pauvres qui est évoquée, et l’héroïne dans son désir de grimper l’échelle sociale en ouvrant un restaurant, n’est pas tant handicapée par sa couleur de peau que par son appartenance de classe.

Cela me rappelle cette citation attribuée au boxeur Larry Holmes : « C’est dur d’être noir. Vous n’avez jamais été noir? Je l’étais autrefois quand j’étais pauvre.« 

Publicités
Cet article a été publié dans Actualités et politique, Films, Histoire des Etats-Unis. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s