A propos de l’anti-populisme…

Michéa fait bien de rappeler à quel point le vocabulaire des médias est pernicieux et trompeur, l’exemple du terme « populisme » qui  est systématiquement rabâché, devenu synonyme de démagogie et/ou de nationalisme xénophobe étant particulièrement révélateur. Nos journalistes veulent-ils signifier à quel point le peuple est méprisable par leur anti-populisme, qu’il soit de gauche (le peuple est chauvin, raciste…) ou de droite (le peuple est fainéant, irresponsable…)? Le comble est que le populisme était une forme de socialisme à l’origine, avec à l’appui le cas des populistes russes du XIXème siècle et que le mot n’était absolument pas péjoratif, bien au contraire! Si ce n’est pas un exemple terrifiant de novlangue contemporaine!

J’avais découvert ainsi en me renseignant sur l’écrivain algérien Mouloud Feraoun (ami d’Albert Camus) l’existence du prix du roman populiste. Lisons aussi ce vieil article (1996) de Serge Halimi : « Le populisme, voilà l’ennemi!« . On pourrait même remonter au temps de la République romaine avec les « populares« .

Rajoutons que Michéa note à un moment l’incroyable désinformation sur le nazisme démocratiquement élu en 1933, souvent monté en épingle. Un mythe vu que le NSDAP subissait un recul aux élections de novembre 1932, que même en 1933 il n’avait pas la majorité absolue, réalisant un coup de force! Je serais allé plus loin que l’auteur à sa place, l’argument soi-disant « anti-totalitaire » sur le peuple votant mal tombe à l’eau dès qu’on prend la peine de l’analyser historiquement. Le cas des fascistes italiens avant la marche sur Rome de Mussolini qui réalisaient un score ridicule est parlant.

Quant aux bolchéviques, ces derniers fin 1917/début 1918 (puisque le centenaire de la Révolution russe approche) se sont empressé de dissoudre l’assemblée constituante où ils étaient minoritaires (le grand gagnant était le parti socialiste-révolutionnaire, à base paysanne comme la grande majorité de la population russe à l’époque), organe de la démocratie représentative ; et dans les années qui suivirent de vider de leurs substances les soviets, organes de la démocratie directe – ce qui faisait que lors de sa proclamation en 1922 l’URSS n’avait déjà plus rien de soviétique!

Bref, il faut être méfiant en permanence sur les mots employés, leur simple emploi peut avoir quelque chose de terriblement orwellien!

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