Marcelino Truong – Une si jolie petite guerre

marcelino-truong-une-si-jolie-petite-guerreSaigon 1961-1963

Ce n’est pas tellement le titre ou la couverture qui avaient retenu mon attention sur ce roman graphique que son sous-titre : la période du régime de Diem qui a précédé l’engagement états-unien dans la guerre du Vietnam est en effet mal comprise du grand public. La responsabilité indirecte du président Kennedy dans les débuts de cette salle guerre contre-insurrectionnelle (comme l’illustre la politique de regroupement de la population rurale dans les « hameaux stratégiques ») est clairement établie, même si fin 1963, avant d’être assassiné, ce dernier aurait voulu se retirer du bourbier.

L’auteur donne son point de vue, celui d’un enfant à l’époque, d’une mère française et d’un père vietnamien qui était diplomate. Bien que sa famille était du côté sudiste et craignait alors les attentats du Viet Cong en plein coeur de la ville, il ne prend pas parti (ou plutôt : tout le monde en prend pour son grade) et réussit à expliquer de façon accessible toutes les nuances de cette guerre civile, par exemple de nombreux Sud-Vietnamiens pouvaient travailler pour le régime et avoir de la famille du côté des guérilleros. On comprend aisément pourquoi les communistes ont fini par gagner, le régime sudiste n’avait pas grand chose à proposer à la population sinon des slogans comme « Sat Cong » (tuez les communistes).

Notons la présence du journaliste américain Neil Sheehan, que je connais de nom vu que je m’étais acheté « L’innocence perdue » pour une bouchée de pain (il faudrait que je me décide à le lire).

Une oeuvre à découvrir pour qui s’intéresse à cette période.


PS [22/02/2017] : la suite « Give peace a chance » est dans la même lignée, même si l’action se passe à Londres, la famille continuant à suivre le conflit de loin. L’auteur critique l’aveuglement idéologique de tel ou tel bord politique, regrette amèrement que les Sud-Vietnamiens démocrates n’aient pas eu voix au chapitre. Nous avons notamment droit à une description de l’Offensive du Têt de 1968, ainsi que celle de la fin dramatique du conflit en 1975. Le climat intellectuel de l’époque, mais également musical (Beatles, Who, Rolling stones, Jimi Hendrix…) est bien rendu.

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