South Park et les immigrés du futur…

Est-il besoin de présenter South Park, cette série d’animation à l’humour vulgaire, scatologique et (très) provocateur? Et pourtant qui, souvent, délivre des messages qui sont loin d’être bêtes…

Je repensais à un vieil épisode sorti en 2004, « Les gluants », rejoignant à merveille l’actualité avec l’immigration et l’élection de Donald Trump. Des gens parlant une autre langue fuient massivement le monde futuriste qui est surpeuplé à travers un portail temporel à sens unique, pour trouver du travail dans le présent afin de subvenir aux besoins de leurs familles. Dans un premier temps les Américains sont contents de découvrir une autre culture et beaucoup sont heureux d’avoir une main d’oeuvre très docile payée pour presque rien… Jusqu’à ce que les « migrants du futur » soient suffisamment nombreux pour provoquer un véritable dumping social, mettant au chômage d’innombrables habitants.

Les personnages stéréotypés sont d’un incroyable délice. Le « gros beauf conservateur raciste » (un syndicaliste, ça montre déjà la différence de culture avec l’Europe) veut tuer tous les immigrés passant le portail et ne trouve rien de mieux comme solution que d’empêcher que le futur ne se produise, alors que le « vieux hippie libéral un peu gland » (« libéral » dans le sens anglo-saxon du terme, ici la caricature du gros gauchiste) est prêt à tolérer tout et n’importe quoi, y compris à ce qu’on enseigne à l’école les leçons à la fois dans la langue nationale et en « langue du futur » pour les nouveaux élèves…

Naturellement l’arrivée massive de cette population provoque ghettoïsation et difficulté d’intégration, les immigrés ne parlant même pas, ou très mal, la langue de leur pays d’accueil. Pendant ce temps beaucoup d’Américains conjuguent un discours dégoulinant d’humanisme et d’antiracisme avec une mentalité d’esclavagistes, se donnant bonne conscience sous prétexte que plus personne ne veut prendre les emplois occupés… jusqu’à ce qu’ils perdent leur travail à leur tour! Tant qu’on n’est pas concerné par la concurrence sur le marché de l’emploi on peut se permettre d’être tolérant.

La solution viendra finalement avec le petit Stan Marsh et sa magnifique morale de fin. Cette parodie de l’immigration mexicaine, et de l’immigration plus généralement, est une véritable pépite! Il fallait du courage pour aborder un tel sujet.

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Cet article a été publié dans Actualités et politique, Economie, Esclavage, Histoire des Etats-Unis, Immigration, Séries télévisées. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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