La misère du tiers-monde pour casser les luttes sociales en Europe? Un exemple parlant : les regulares de Franco durant la guerre d’Espagne…

Depuis des années qu’a commencé ma passion pour l’histoire contemporaine je me suis amusé de constater à quel point l’analyse rationnelle des faits dément les discours politiciens et manipulateurs, quels que soient leurs positions sur l’échiquier politique. J’avais cité les exemples historiques sujets à repentance comme la décolonisation, les traites négrières, que j’avais relié à l’immigration extra-européenne actuelle.

Mais il y en a un autre qui est étonnant, employé là encore aussi bien par des gauchistes que des droitistes : en tant qu’habitants de pays riches, les Occidentaux n’auraient pas à se plaindre de la répartition des richesses dans leurs pays, car il existe beaucoup plus pauvres qu’eux dans le tiers-monde. Les vagues que l’on connaît depuis le milieu des années 90 allant jusqu’à provoquer de grands naufrages en Méditerranée confirmeraient cela. Pas de lutte de classes possible dans nos contrées! Et pour ce qui est des ressortissants arrivés finalement en terre promise, ils occuperaient les emplois que les autochtones (trop fainéants sans doute) refuseraient – argument génial pour culpabiliser l’Européen, comme si le système économique actuel n’était pas responsable de cette situation.

C’est un peu idiot quand on prend la peine d’y réfléchir, il suffit de regarder le phénomène des délocalisations pour contredire cela, pour montrer la véritable nature du capital. J’avais cité les traites négrières comme exemple d’immigration extra-européenne organisée par des puissants à la recherche de main d’oeuvre à bas coûts et sûrement pas par des « droits-de-l’hommistes », on pourrait compléter avec l’exemple des coolies qui a suivi l’abolition de l’esclavage. Cumuler un discours identitaire avec un libéralisme économique favorable aux inégalités est une des contradictions les plus étonnantes jamais constatée chez les droitistes (ceux-là n’ont pas du lire « Le manifeste du parti communiste », Marx et Engels expliquaient très bien la véritable nature du capitalisme : révolutionnaire, cosmopolite et mondialiste dans son essence même). Et côté gauchiste cela ne vaut pas mieux, beaucoup d’intellectuels ont cherché un prolétariat de substitution quand ils ont été déçus par la classe ouvrière, trop conservatrice à leurs yeux.

Pour ma part une lutte anti-capitaliste sérieuse impliquerait automatiquement, et logiquement, une restauration ferme de la souveraineté nationale et des frontières. On voit sur ce sujet à quel point la gauche radicale n’est pas sérieuse avec son sans-frontiérisme béat (« Nuit debout » par exemple soutient l’accueil des réfugiés, toujours de façon aussi irresponsable). J’ai en ce qui me concerne un fond plus ou moins marxiste qui me pousse à rejoindre l’analyse un peu complotiste de Francis Cousin qui voyait dans le « Grand remplacement » une arme terriblement efficace pour casser le petit peuple français communard voulant abolir l’argent. Le tiers-monde avec sa démographie galopante et son absence de conscience de classe joue ainsi le rôle d’immense « armée de réserve » au service de la classe dominante.

Mais le phénomène n’est pas nouveau quand on prend la peine d’y réfléchir, et ne remonte pas à l’après-guerre. En Espagne Franco employait déjà ses troupes coloniales, les regulares recrutés au Maroc, pour réprimer l’insurrection prolétarienne d’octobre 1934 dans les Asturies. Et ces « Maures » ont commis de nombreuses exactions, pendant cette répression aussi bien que pendant la guerre civile de 1936-1939 ce qui explique pourquoi les républicains espagnols se sont laissés tenter par un certain racisme (« xénophobie » serait à vrai dire un mot plus approprié). Un fait parfaitement connu des historiens (je suis actuellement en train de dévorer le volumineux et passionnant « La guerre d’Espagne » de Beevor) et assumé à l’époque, mais étrangement oublié aujourd’hui. Et soit dit en passant : on remarquera qu’il y avait beaucoup plus d’étrangers chez les « nationalistes » que chez les Rouges! On voit bien de quel côté était le véritable patriotisme…

La misère du « tiers-monde » de l’époque s’était donc mise au service du pouvoir le plus réactionnaire qui soit, pour briser une révolution collectiviste! Voilà qui a de quoi faire réfléchir…


Pour en revenir au sujet de la répartition des richesses, tout cela me convainc une fois de plus de la nécessité de la décroissance, de la relocalisation des activités et des bienfaits des frontières!

 

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Cet article a été publié dans Actualités et politique, Economie, Esclavage, Histoire de l'Espagne, Histoire du Maroc, Immigration. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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