Petite remarque sur l’UE et ses paradoxes

Les paradoxes de la construction européenne sont nombreux. Un des principaux est d’avoir privé les Etats membres de toute marge de manoeuvre sérieuse sans pour autant que l’Union Européenne soit devenu un Etat fédéral qui s’affirme par rapport aux Etats fédérés. On a donc eu une construction bureaucratique qui n’a pas de véritable consistance. Cela s’explique simplement : l’Europe est une idée, pas une nation! Cette entité sui generis comme on dit en droit pourrait devenir la première puissance économique mondiale si elle s’affirmait, mais il faudrait d’abord pour cela que ses habitants acceptent de ne former qu’un seul et même peuple! Or ce n’est pas gagné…

L’UE a eu sans doute le mérite dans son histoire d’avoir favorisé les transitions démocratiques après les périodes autoritaires éprouvantes pour plusieurs pays du continent. Mais un autre paradoxe majeur est d’avoir construit dans le même temps une véritable négation des volontés populaires, d’avoir fait en sorte que les élections des représentants des peuples n’aient plus de conséquences sur les politiques menées. Le meilleur exemple sans doute nous a été donné avec Alexis Tsipras en Grèce qui a retourné sa veste en juillet 2015 (mais on pourrait aussi citer la crise des « réfugiés »).

Que se passera-t-il avec le Brexit donc? J’ai une hypothèse : probablement la même chose qu’après les référendums français et néerlandais de 2005. Le Royaume-Uni quittera l’UE officiellement tout en étant lié par un traité de remplacement qui continuera à verrouiller ses choix en matière de politique économique.

PS : j’oubliais, l’abstention très forte à chaque élection européenne est tout de même bien représentative du problème. A défaut d’adhésion ou de rejet, il y a un énorme désintérêt populaire sur la question…

Publicités
Cet article a été publié dans Actualités et politique. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Petite remarque sur l’UE et ses paradoxes

  1. Clara dit :

    Il faut deux ans pour que le BREXIT soit effectif. D’ici là tout le monde aura oublié que les britanniques avaient voté pour la sortie… La bureaucratie européenne n’hésitera pas à laminer le peuple anglais si un de ces futurs dirigeants suivait l’avis du peuple et donc la sortie. Cela se passera comme en 2005 en France, ou comme avec Tsipras, ils s’assiéront sur le vote .

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s