J’ai enfin terminé de voir « The Civil War » de Ken Burns, sur la guerre de Sécession de 1861-1865

Il y a un peu plus d’un mois j’avais parlé du premier épisode sur les neuf de ce documentaire célèbre aux Etats-Unis. Je l’ai enfin vu en entier, je confirme ce que je disais sur le fait qu’il insiste trop sur l’esclavage et élude les autres aspects de la guerre de Sécession (territoriaux, économiques, politiques…). Une guerre civile par définition n’est jamais manichéenne, d’où le côté très énervant d’une telle démarche.

Il reste que le film est bien réalisé dans l’ensemble. Servi par une très belle musique*, les photographies d’époque (toutefois on regrette que les mêmes reviennent souvent) et les voix off qui lisent les témoignages nous replongent dans l’atmosphère d’autrefois, on a également droit à l’avis d’historiens.

Beaucoup de détails très intéressants sont présents, par exemple, le 25 novembre 1864, pour faire payer les victoires du général Sherman en Géorgie et sa politique de terre brûlée, des agents confédérés s’étaient infiltrés à New-York pour déclencher des incendies dans plusieurs hôtels (lire ici), sans succès mais ce n’est pas sans rappeler le terrorisme moderne. On apprend les conditions de détention ignobles des prisonniers nordistes dans le camp d’Andersonville, dont le dirigeant Henry Wirz sera pendu après la guerre.

Le siège de Petersburg en 1864-1865 évoque beaucoup la guerre des tranchées que Français et Allemands connaîtront un demi-siècle plus tard sur le théâtre européen. Le général Lee termine la guerre avec des soldats adolescents et vieillards, signe qui montre à quel point la Confédération était à bout.

Un aspect dérangeant, outre ceux déjà relevés, est le parti pris quand il traite du général McClellan dans la première partie, accusé d’avoir prolongé la guerre par son excessive prudence et ses hésitations, comme s’il était à deux doigts d’obtenir des victoires décisives. Or cette idée reçue ne fait pas l’unanimité (cf sa page Wikipédia pour voir le courant qui défend sa réputation). Rajoutons que dans la guerre moderne une victoire tactique n’est pas forcément une victoire stratégique, loin de là (ce serait un peu comme affirmer qu’en novembre 1941 Hitler était à deux doigts de gagner contre l’URSS sous prétexte qu’il n’avait cessé d’avancer les mois précédents).

Comme le reportage est très américain, on reste axé sur l’émotion, sur le larmoyant. Autant être prévenu!

Pour conclure, malgré sa durée de onze heures et ses qualités, ce documentaire nous montre une fois de plus les limites du genre dans l’enseignement historique.


*Ce morceau me restera en tête longtemps :

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