Le rêve américain face aux limites de la planète?

Loin de moi de faire de l’anti-américanisme systématique et démagogique. Je constate toutefois un aspect frappant dans le discours général par rapport au fameux american way of life : le fait de présenter le modèle américain, qu’il soit politique, économique, sociétal, philosophique, comme universellement applicable. L’influence du cinéma sans doute, de la culture plus généralement. Cela rejoint d’une certaine façon ce que je disais sur le mode de vie nomade, une constante dans l’histoire américaine.

Sauf que faire croire qu’un pays construit sur une énorme expansion territoriale en un temps record, de l’indépendance en 1783 à l’achat de l’Alaska en 1867, a un modèle exportable à l’ensemble de la planète a été sans doute la pire imposture du siècle! Il ne s’agit pas de rappeler pour la énième fois le sort ignoble qui a été réservé aux peuples indigènes (dépossession, effondrement démographique…). Même si tous les territoires conquis avaient été inhabités cela n’aurait changé au constat : si toute la pensée politique d’une nation est basée sur l’illusion de la possibilité d’une expansion sans fin, inutile de préciser que cette dernière n’a aucun sens pour les nations des autres continents!

Les faits sont là : le rêve américain n’est tout simplement pas réalisable pour l’ensemble du monde, sous peine de se heurter à des limites physiques insurmontables (cela me rappelle d’ailleurs le sujet du livre « L’âge des limites » de Serge Latouche).

Supposons un instant l’uchronie suivante : si l’indépendance arrachée en 1783 par cette nouvelle nation ne lui aurait permis qu’un territoire limité à celui des treize colonies? La conséquence aurait été très simple : les Etats-Unis ne seraient jamais devenus une superpuissance économique, militaire, démographique. Plus de ruée vers l’or, de conquête de l’Ouest. Dès lors où en serait le mythe du self-made-man, de la fameuse « liberté d’entreprendre »? L’idéologie des libertariens, typiquement américaine, se serait-elle développée? Et plus généralement l’individualisme à l’américaine? Tout aurait changé! La guerre de sécession de 1861-1865 n’aurait d’ailleurs probablement pas eu lieu, la question des terres de l’Ouest ayant été cruciale entre le Sud et le Nord.

C’est l’argument qui me parait le plus pertinent en faveur de la décroissance tant cet exemple historique montre les limites de la planète. Mais bizarrement je l’ai rarement vu employé par les partisans de ce courant. Trop malthusien sans doute…

Pour ma part j’ai du mal à prendre au sérieux ceux qui prennent systématiquement pour exemple les Etats-Unis, un contresens juste ridicule!

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