A propos de Michel Onfray et notre politique étrangère « islamophobe »

Bon je n’ai rien lu de ce personnage assez médiatique, j’ai seulement écouté des conférences et entretiens très intéressants, je pense que je jetterai un oeil sur son tout récent « Penser l’islam ». Il avait lancé cette déclaration le 14 novembre qui avait fait polémique : « Droite et gauche qui ont internationalement semé la guerre contre l’islam politique récoltent nationalement la guerre de l’islam politique. » et accusé la politique étrangère de la France d’être « islamophobe ». Je serais tenté d’écrire qu’une telle phrase ne veut rien dire (puisqu’on est allié à l’étranger avec des musulmans combattant d’autres musulmans… que l’oumma n’existe qu’en fiction… que notre alliance de longue date avec le wahhabisme d’Arabie saoudite devrait fortement relativiser notre « guerre contre l’islam politique ») ou bien que le raisonnement est excessivement simpliste.

Pour autant a-t-il tort sur le fond? Je ne pense pas. On ne se rend pas compte de l’image catastrophique que l’on donne à la France avec ces politiques d’ingérence, aux conséquences souvent désastreuses (on l’a bien vu en Libye). A quoi bon culpabiliser les Français sur le passé colonial de leur pays (pour lequel ils ne sont absolument pour rien) et dans le même temps mener une politique agressive à l’étranger, plus précisément en terre d’islam? L’EI s’est d’ailleurs servi de la mémoire des accords Sykes-Picot pour se légitimer avec l’abolition de la frontière entre la Syrie et l’Irak (cf Pierre-Jean Luizard dans « Le piège Daech »). La véritable « repentance coloniale » consisterait à ce que l’Armée française ne sorte plus des frontières nationales (un peu comme les Japonais après 1945). Là j’y serais favorable!

Or il n’y a eu que quatre députés opposés aux frappes françaises en Syrie. C’est dire où est passé notre esprit critique. Où est donc la France du tandem pacifiste Chirac-Villepin de 2003? Pourquoi s’est-on engagé en 2014 dans une coalition intervenant dans un conflit qui n’est pas le nôtre, déclenché par d’autres? L’atlantiste Nicolas Sarkozy avait déjà commencé à nous mettre à la remorque de l’Oncle Sam en nous engageant en Afghanistan… on a vu le résultat. François Hollande poursuit cette politique. L’indépendance nationale de tradition gaulliste est finie pour de bon.

Je pense que s’il y a eu une lutte à mener (et non pas une « guerre », employer un tel vocabulaire est irresponsable), c’est bien chez nous! Un nettoyage à faire, sans hésiter, sans concessions. Abattre les zones grises ferait un plus grand bien à la nation. Un travail tout autant politique que… policier (et sûrement pas militaire).

J’avais pu lire le numéro du Point au titre indécent « Notre guerre » daté du 19 novembre, consécutif aux attentats. Michel Onfray dénotait par rapport à toute la langue de bois présente dans le reste du magazine. Ses remarques étaient justes.

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Michel Onfray le 21 mars la veille des attentats de Bruxelles :

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