Ayn Rand – Anthem

Ayn Rand - Anthem (hymne)

Ayn Rand est une écrivaine très connue aux Etats-Unis ce qui est loin d’être le cas en France où elle n’est traduit que depuis quelques années. Son roman « La Grève » ou « Atlas Shrugged » (La révolte d’Atlas) est une référence majeure outre-Atlantique, j’essaierai de le lire un jour quand j’aurai le courage (plus de mille pages). Prônant une philosophie très individualiste, le succès de son oeuvre ne doit rien au hasard chez l’Oncle Sam, pays de réussites individuelles fondé par des « self-made-men » : elle accompagne l’idéologie dominante, et personnellement je pense que le monde actuel ressemble bien plus à ce que souhaitait Ayn Rand qu’à ce qu’elle redoutait – même s’il y a, certes, dans de nombreux pays, un Etat-providence développé et une certaine pression fiscale au grand dam des libéraux – ; ainsi la science et la technologie sont partout, l’égoïsme et le narcissisme encouragés par la société de consommation et les peuples occidentaux sont aujourd’hui largement sécularisés (la romancière était très hostile à la religion en général).

Autre dystopie publiée en 1938 mais faisant moins d’une centaine de pages, « Anthem », hymne en français, décrit un monde où le collectivisme est poussé à l’extrême, mais dans un sens très large, pas seulement sur son aspect soviétique : dans cet univers la collectivité étouffe complètement l’individu et empêche les génies de briller, entravés par la médiocrité du groupe. Le onzième chapitre consacre ainsi la morale de l’histoire sur l’importance du « je » (alors prononcé pour la première fois) par rapport au « nous » omniprésent. Le dernier lui… a un projet assez terrorisant : le personnage principal après s’être échappé et libéré veut étendre son idéologie individualiste à l’ensemble de la planète! Voilà qui est assez totalitaire en fin de compte! Rappelons que les Bolchéviques étaient tellement persuadés de la justesse de leur cause qu’ils n’avaient pas un projet très différent… Un comble quand on connaît la biographie de l’auteure.

François Flahault dans le Monde diplomatique (Ni dieu, ni maître, ni impôt) a fait remarquer qu’elle aurait été sans doute favorable à la guerre en Irak étant donné les arguments employés dans ses textes. C’est d’autant plus étonnant qu’à l’inverse de nombreux libertariens qu’elle a influencés sont très anti-impérialistes et pacifistes (citons Justin Raimondo). Comprenne qui pourra!

Ce livre en lui-même est loin d’être mauvais. Il a probablement influencé d’autres livres du genre, il m’a rappelé par exemple « Un bonheur insoutenable » de Ira Levin.

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