[Suite] Au fait, qu’est-ce qu’une « guerre »?

Dans mon lexique juridique Dalloz (16e édition), nous avons :
Lutte armée entre Etats, voulue par l’un d’eux au moins, et entreprise en vue d’un intérêt national.
Mais il donne aussi d’autres définitions dans un sens plus large :
-Guerre civile : conflit armé ayant éclaté au sein d’un Etat et dépassant, par son extension et sa prolongation, une simple rébellion.
-Guerre froide : état de tension politique entre Etats idéologiquement opposés qui cherchent mutuellement à s’affaiblir, mais sans aller jusqu’à déclencher une guerre mondiale […]
-Guerre juste (ou licite) : guerre dont le but est légitime, ce qui est le cas de la guerre de légitime défense et de la guerre-exécution entreprise par l’ONU.
-Guerre psychologique : guerre de propagande, dans laquelle les moyens mis en oeuvre visent à saper le moral de l’adversaire (population et armée) et à diminuer ainsi ou même à briser sa volonté de combattre.
-Guerre révolutionnaire ou subversive : guerre menée à l’intérieur d’un Etat, par une partie de la population contre les autorités politiques en place, en vue de conquérir le pouvoir et d’instaurer un ordre politique et social nouveau. Peut donner lieu à des ingérences étrangères et prendre ainsi une dimension internationale.
-Guerre totale : guerre engageant toutes les ressources d’un Etat et s’étendant à toutes les personnes, non-combattants compris.

Curieusement dans la définition de « terrorisme » il n’y a pas mention explicite de massacres de civils innocents, seulement « troubler gravement l’ordre public par l’intimidation et la terreur« .

Quoi qu’il en soit, ces mots ne sont pas anodins, cela est d’autant plus grave s’ils ont été extrêmement banalisés ces derniers jours. La guerre civile russe (1918-1922), la guerre d’Espagne (1936-1939) ou pour prendre un exemple parisien, l’insurrection de la Commune en 1871 et sa répression très meurtrière (Semaine sanglante) furent clairement des guerres à l’intérieur d’Etats, avec des belligérants bien identifiés dont l’objectif était de s’anéantir réciproquement.

Mais une dizaine de terroristes, même s’ils commettent de sanglants attentats, ne sont nullement constitutifs d’une armée. Employer le mot « guerre », c’est leur faire un honneur qu’ils ne méritent pas. Ce n’est pas sous-estimer la menace que de dire cela : une réponse ferme est évidemment nécessaire, mais elle doit être adaptée, et pour cela le choix du vocabulaire est important.

On n’écrase pas une mouche avec un marteau : non seulement on rate la mouche, mais en plus on fait de gros dégâts tout autour!

Publicités
Cet article a été publié dans Actualités et politique, Histoire - Autres, Histoire de France. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s