Jean-François Hugo – La République démocratique du Congo, une guerre inconnue

Jean-François Hugo - La République Démocratique du Congo, une guerre inconnue

C’est le conflit le plus meurtrier de l’après-guerre et il se déroule dans l’indifférence générale. Trois voire quatre millions de morts. C’est la première grande guerre africaine : un conflit interétatique impliquant jusqu’à huit pays qui s ‘affrontent sur le territoire congolais. Un conflit à bas bruit, qui détruit le cœur de l’Afrique, un pays de 2,3 millions de kilomètres carrés, cinquante-trois millions d’habitants, deux-cents cinquante ethnies, dont aucune ne dépasse les cinq pour cent de la population. Deux guerres successives : celle de 1996, réplique du séisme rwandais, balaie le régime du maréchal Mobutu et signe la mort du Zaïre qui devient la République démocratique du Congo dirigée par Laurent-Désiré Kabila. Celle de 1998 est une guerre de prédation : les vastes ressources naturelles suscitaient les convoitises des voisins. Les deux blocs aux prises mêlent seigneurs de guerre, hommes d’affaires congolais et étrangers, mercenaires, hommes politiques. C’est l’éclatement des fronts et des acteurs qui distingue un conflit dont les braises couvent encore malgré la dynamique de paix soutenue par l’ONU.

La guerre en République Démocratique du Congo a causé plus de morts que le génocide rwandais de 1994, et suscite pourtant moins de réactions et de polémiques. En une centaine de pages l’auteur, spécialiste de l’Afrique centrale, explique les mécanismes qui ont conduit au désastre dans les régions de l’est : les tensions ethniques très fortes, la pression démographique, l’ingérence des pays voisins souvent eux-mêmes en guerre civile, les alliances qui se font et se défont selon les circonstances, la difficulté à construite l’Etat central, l’appétit des seigneurs de guerre. La fin de la guerre froide a beaucoup joué dans l’effondrement du Zaïre, tandis que le manque total d’expérience politique de
Laurent-Désiré Kabila, arrivé au pouvoir à l’issue de la rébellion de l’AFDL (première guerre), a contribué au déclenchement de la seconde guerre du Congo. Le pillage des régions de l’est (Ituri et Kivu) par les pays voisins, l’Ouganda et le Rwanda, a permis d’alimenter la guerre, faisant entrer le conflit dans un cercle vicieux. Il faut préciser que les régimes de ces deux pays souhaitaient, à l’origine, chasser les groupes d’opposition qui occupaient l’est du Congo, s’en servant comme base arrière ; au départ alliés, ils finissent pourtant par se faire une guerre par procuration, par Congolais interposés.

Au final reconstruire l’Etat et constituer une armée nationale s’avère une tâche compliquée : le clivage ethnique est toujours difficile à dépasser, les frontières sont poreuses, les armes prolifèrent. Déjà au temps de Mobutu les Forces Armées Zaïroises se payaient sur la population…

Un document très instructif détaillant les différents acteurs du conflit et les régions concernées, même si une carte du pays et de l’Afrique centrale n’aurait pas été de trop.

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