Les Centurions (film, 1966)

Les Centurions

Un officier français issu d’un milieu modeste, ancien d’Indochine, qui gravit les échelons durant la guerre d’Algérie au point de devenir général, portant une célèbre casquette. On devine qu’il s’agit d’un hommage à Marcel Bigeard (1916-2010). Production américaine sur la guerre d’Algérie (la seule me semble-t-il) adaptée du roman de Jean Lartéguy (1920-2011), elle a pour titre original Lost Command. D’une certaine façon voir Français, Vietnamiens et Algériens parler la langue de Shakespeare… c’est original! Remarquons l’absence totale d’acteurs maghrébins dans le casting (prestigieux au passage), ou encore le fait que pas un seul mot d’arabe ou de berbère n’est prononcé en deux heures.

Mais je l’ai apprécié dans l’ensemble. Pas de discours moralisateur : c’est la guerre, elle est sale, point barre. Les exactions sont commises des deux côtés. Les rebelles algériens luttent pour leurs idéaux tandis que l’Armée française fait son travail. Les combattants de l’ALN sont étonnamment bien armés : outre les fusils et pistolets-mitrailleurs MAT 49, la présence en grand nombre de mitrailleuses, de bazookas et de mortiers ne peut que surprendre. Réalisme (un tel équipement a bel et bien existé) ou sensationnalisme à l’américaine? Je pencherais plutôt pour la seconde option. L’intrigue principale tourne autour de la poursuite du lieutenant Mahidi (interprété par George Segal), ancien compagnon d’arme en Indochine, qui a rejoint la rébellion après que son jeune frère ait été tué par un policier ; rébellion dont il deviendra un chef impitoyable.

Concernant l’enseignement militaire on retiendra la réaction vigoureuse de Raspéguy (Bigeard) à l’embuscade, et l’importance de l’hélicoptère dans la contre-guérilla, car la guerre d’Algérie fut un des tous premiers conflits où ils seront utilisés massivement. Sur ce point les Américains au Vietnam vont beaucoup s’inspirer de l’Armée française.

A regretter : le paysage de Diên Biên Phu lors de la scène d’ouverture pas du tout crédible, une bataille d’Alger un peu vite expédiée (même si l’importance de la coordination police-armée est brièvement abordée), l’absence des supplétifs alors qu’ils furent très nombreux et enfin la dernière scène de combat montrant les soldats français mener un assaut frontal contre une montagne tenue par les guérilleros (ce qui entraîne logiquement de lourdes pertes…).

Réalisé par Mark Robson, il fut censuré en France pendant dix ans (ce qui peut se comprendre vu la date de la sortie, les souvenirs du conflit étant encore forts). Il vaut largement le détour si on s’intéresse aux guerres coloniales, même si du point de vue cinématographique son intérêt est limité.

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