La Déchirure (film, 1984)

La déchirure

La folie criminelle des Khmers rouges est, me semble-t-il, quasiment absente du septième art. C’est donc avec un grand intérêt que j’ai découvert ce film (aussi connu sous son titre anglais The Killing Fields) inspiré de faits réels : l’histoire de Sydney Schanberg, journaliste américain au New York Times et de son collègue cambodgien Dith Pran, qui avait pu faire évacuer sa famille mais qui était resté au pays et a survécu au génocide.

On assiste dans un premier temps au calvaire subi par les Cambodgiens durant la guerre civile de 1973 à 1975, l’évacuation des ressortissants étrangers puis les atrocités dès l’arrivée des Khmers rouges à Phnom Penh (17 avril) : exécutions, déportation de la population, camps de travail, extermination, torture… Réalisme et acteurs convaincants : ses trois oscars sont amplement mérités. Un texte rappelle à la fin que le cauchemar de ce peuple n’était pas tout à fait fini au moment de la sortie du film : la guerre continuait du fait de l’occupation vietnamienne, voir l’article de wikipédia.

J’apprends toutefois avec regret qu’il ne s’agit pas de la version intégrale (141 minutes) mais de la version censurée (136 minutes).

Un deuxième DVD est présent dans l’édition collector, qui donne d’abord droit à un entretien avec le journaliste français Bernard Hamel qui a vécu au Cambodge durant le conflit, retraçant l’histoire du pays depuis l’indépendance en 1953 et la politique étrangère de Norodom Sihanouk. Il insiste particulièrement sur l’effet dévastateur des infiltrations Vietcong et nord-vietnamiennes, sur le fait que Lon Nol n’a jamais fait de coup d’Etat en 1970 (il était au pouvoir depuis août 1969) et estime que la République khmère de ce dernier a été victime d’une véritable guerre d’agression de la part des communistes vietnamiens à partir de cette date, qu’il n’y a donc pas eu de véritable guerre civile avant les accords de Paris de janvier 1973. Son analyse est très intéressante et permet de corriger plusieurs idées reçues, mais je l’ai trouvée partiale : il ne dit rien par exemple sur la brutalité des bombardements américains (pourtant évoqués dans le film), ces derniers ayant beaucoup aidé Pol Pot à constituer son armée…

Viennent ensuite les témoignages émouvants des rescapés du génocide (un peu plus d’une heure également), puis un entretien avec le président du CVKR (Comité des Victimes des Khmers Rouges) qui se battait pour qu’il y ait un tribunal pénal international en dehors du Cambodge pour juger les criminels, étant donné que de nombreux anciens khmers rouges occupaient encore des hauts postes de responsabilité (la justice n’était donc ni indépendante, ni impartiale).

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