Jean-Claude Michéa – Orwell éducateur

Jean-Claude Michéa - Orwell-EducateurOn peut se demander l’intérêt de consacrer un deuxième texte sur le britannique après le très bon « Orwell, anarchiste tory ». En fait celui-ci, également digne d’être lu, aurait tout à fait pu s’appeler « Michéa éducateur ». On y retrouve plusieurs thèmes qui seront abordés dans les essais suivants : l’individualisme, le progressisme (de gauche comme de droite!), la libération des moeurs instrumentalisée à des fins marchandes, la société de consommation, la société du spectacle, le culte de la Technique et de l’Economie (qui a des effets désastreux tant sur la société que sur l’environnement), la morale populaire (la fameuse « common decency » d’Orwell) et enfin le socialisme.

Le seul reproche qui me vient à l’esprit est éventuellement une trop grande idéalisation du peuple. Une société décente sera forcément une société qui remettrait en cause certains acquis du capitalisme de consommation. Ainsi, même si je suis entièrement d’accord quand il écrit que les ressources de la planète sont limitées et quand il critique le fait que les processus de production (autrement dit, les conditions de travail) soient masqués au consommateur (de nos jours presque tout est fabriqué dans les pays du tiers-monde…), je doute en revanche que ce soit une réalité qui soit admise facilement par les classes populaires (étant donné que les mêmes produits fabriqués en France seraient plus chers). Mais peut-être suis-je trop pessimiste.

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Je venais juste de finir cet essai quand je vois que le site Ragemag a publié un article pour défendre le philosophe montpelliérain contre ses critiques de gauche. Visiblement il dérange bien du monde dans sa famille politique d’origine! Pour ma part j’adhère à sa vision sur la critique du mot « gauche », bien que je nuancerai son jugement sur certains faits historiques : il déclarait ainsi que les répressions anti-ouvrières de 1848 (journées de juin) et de 1871 contre la Commune (la Semaine sanglante) ont été le fait de la gauche républicaine de l’époque. Or ce n’est pas exact : dans les deux cas ce sont des Assemblées nationales conservatrices (en 1848 , des « républicains du lendemain », en 1871 des légitimistes et des orléanistes) tout juste élues (dans un pays qui était alors très majoritairement rural) qui sont les responsables.

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