Jean-Claude Michéa – Orwell, anarchiste Tory

Jean-Claude Michéa - Orwell, anarchiste Tory

Un bref essai sur cet écrivain hors du commun, où l’auteur détaille la méfiance du britannique envers les intellectuels bourgeois « progressistes » qui n’espèrent qu’accéder au pouvoir, son hostilité à l’orthodoxie dominante (quelle qu’elle soit), la civilisation industrielle, le culte de la modernité et la mythologie du Progrès. On a trop tendance à limiter 1984 à une critique du stalinisme, or on oublie qu’Orwell s’inspirait également de son propre pays : exemple du novlangue qui fut influencé par la langue anglaise simplifiée par la presse. Il s’agit d’un espoir placé dans le petit peuple, qui, lui, conservait un anglais populaire et authentique (à ce titre la discussion entre Winston Smith et son ami Syme m’avait beaucoup marqué dans le roman : le vocabulaire des fonctionnaires du parti allait s’appauvrir considérablement tandis que les prolétaires -c’est à dire la grande majorité de la population- conservaient le leur). De nos jours il existe plusieurs types de novlangues : dans les entreprises, dans les administrations, dans les débats télévisés…

On note que parmi les intellectuels français Orwell appréciait Camus et détestait Sartre (à ce propos, que faisait ce dernier au moment du Front Populaire? Rien! Pour un homme censé incarner la Gauche voilà qui a de quoi étonner!). D’ailleurs on remarque que Michéa commence ici sa critique du concept de « Gauche » que l’on retrouvera par la suite dans ses autres essais, en prenant comme départ l’opposition entre Whigs (libéraux issus de la bourgeoisie commerçante) et Tories (grands propriétaires fonciers conservateurs) à partir du XVIIème siècle, qui constitue un piège philosophique pour les intellectuels de gauche  reprenant tous les mythes fondateurs du progressisme « whig ».

D’où le choix de l’écrivain de se présenter comme « anarchiste tory », c’est à dire à la fois anarchiste (mais sans dogmatisme, il ne souhaitait nullement l’abolition de l’Etat) et conservateur (pour s’opposer au capitalisme industriel).

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