En repensant à Margaret Thatcher et aux politiques dites libérales

Puisque la « dame de fer » s’est éteinte ce lundi, je repense à un phénomène ayant touché l’ensemble des pays d’Europe : la libéralisation économique. Certains affirment que la France aurait eu besoin d’une Thatcher. Or cette déclaration est stupide pour deux raisons : le système britannique n’est pas le système français, et surtout la France a déjà connu des politiques de rigueur et de privatisations.

L’hexagone a en effet déjà connu une politique d’austérité et de lutte contre l’inflation avec le gouvernement de Raymond Barre (« meilleur économiste de France ») de 1976 à 1981, puis avec… les socialistes à partir de 1983, le fameux « tournant de la rigueur » et la politique de « désinflation compétitive » de Jacques Delors. Les privatisations massives commencent en 1986 avec le premier gouvernement de cohabitation dirigé par Jacques Chirac. On constatera par la suite que le gouvernement qui aura le plus privatisé sera celui de Lionel Jospin de 1997 à 2002!

Comme on le voit la France n’a eu nullement besoin d’une Margaret Thatcher pour démanteler ses services publics. Une chose qui est frappante sur les résultats des différentes politiques économiques, c’est que même un pays comme le Royaume-Uni, attaché à son indépendance monétaire, a aujourd’hui une dette publique énorme, largement au-dessus de celle autorisée par les critères de Maastricht (60 % du PIB). Et je ne parle même pas de la dette privée! Le taux d’épargne des ménages britanniques est très bas, il ne faut pas l’oublier.

C’est bien la preuve qu’il faut cesser de se faire des illusions sur ce type de personnage.

Le pire reste quand même le mensonge bâti autour du président américain Ronald Reagan (1980-1988). Associé à Thatcher en raison de leur amitié et d’une politique étrangère similaire, on constate qu’au niveau de politique économique la réalité est loin des discours : les Etats-Unis se sont énormément endettés durant sa présidence. On est loin de la doctrine libérale qui imposerait, logiquement, une lutte contre les déficits budgétaires! Tout laisse penser que la forte croissance américaine de cette période fut donc portée par une relance déguisée : de l’argent public injecté dans l’économie par le biais des dépenses militaires et des baisses d’impôts . Je me souviens que mon professeur d’économie politique affirmait que Ronald Reagan était en fait un disciple de Keynes!

Il est tout de même important de préciser que sans le statut particulier du dollar (qui sert de monnaie de réserve mondiale) sa politique n’aurait pas été possible. N’importe quel autre pays qui se serait autant endetté aurait vu sa monnaie s’effondrer!

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