Jean-Claude Michéa – Les mystères de la Gauche

Jean-Claude Michéa - Les mystères de-la-gauche

De l’idéal des lumières au triomphe du capitalisme absolu

« Que peut bien signifier aujourd’hui le vieux clivage droite-gauche tel qu’il fonctionne depuis l’affaire Dreyfus ? Il me semble que c’est avant tout le refus de remettre cette question en chantier – et de tirer ainsi les leçons de l’histoire de notre temps – qui explique en grande partie l’impasse dramatique dans laquelle se trouvent à présent tous ceux qui se reconnaissent encore dans le projet d’une société à la fois libre, égalitaire et conviviale. Dans la mesure, en effet, où la possibilité de rassembler le peuple autour d’un programme de sortie progressive du capitalisme dépend, par définition, de l’existence préalable d’un nouveau langage commun – susceptible, à ce titre, d’être compris et accepté par tous les « gens ordinaires » –, cette question revêt forcément une importance décisive. Je vais donc essayer d’expliquer pour quelles raisons j’en suis venu à estimer que le nom de gauche – autrefois si glorieux – ne me paraît plus vraiment en mesure, aujourd’hui, de jouer ce rôle fédérateur ni, par conséquent, de traduire efficacement l’indignation et la colère grandissantes des classes populaires devant le nouveau monde crépusculaire que les élites libérales ont décidé de mettre en place. »

Quand j’ai vu que Jean-Claude Michéa avait sorti un nouveau livre je l’ai tout de suite acheté, car j’avais beaucoup apprécié « Le complexe d’Orphée ». Dans ce dernier essai où il répond à Florian Gulli et au politologue Paul Ariès, Michéa explique pourquoi il refuse d’être catalogué comme un « homme de gauche ».

J’ai regretté qu’il répète en grande partie ce qu’il disait dans le précédent (à savoir l’origine du clivage gauche/droite en France, le libéralisme politique et culturel de la gauche actuelle qui fait le jeu du capitalisme, l’aveuglement à l’égard de la technologie et du progrès, l’alternance unique entre gauche libérale et droite libérale, la destruction du lien social, le culte de la mobilité…) mais ça reste toujours une bouffée d’air frais par rapport à toute la propagande médiatique et publicitaire.

Le passage sur les institutions solidaires (page 84-85) sous l’Ancien régime m’a rappelé ce que j’avais étudié en Histoire des institutions, où j’avais été très surpris par le système juridique d’entraide qui existait dans certains villages. Je rajouterai un point à son texte : la loi Le Chapelier de 1791 (citée page 104), qui est l’incarnation même d’un « libéralisme économique » autoritaire, imposé à la population. Ainsi après avoir aboli les corporations elle permit de réprimer le syndicalisme au XIXème siècle, en pleine révolution industrielle, époque où les conditions de travail étaient inhumaines…

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