La crise des dettes publiques : une refonte de l’échiquier politique européen?

Le clivage traditionnel entre « gauche » et « droite » a-t-il encore un avenir en Europe? On est en droit de se poser la question : la crise des dettes publiques va probablement changer la donne et modifier profondément nos attitudes électorales.

Précisons que cette notion de « gauche » et de « droite » a évolué avec le temps. Par exemple les « républicains radicaux », à l’origine, se situaient à l’extrême-gauche. Aujourd’hui le parti radical, l’héritier historique de ce mouvement est classé…au centre-droit!

La démocratie représentative qui s’est progressivement installée au XXème siècle a institué une bipolarisation dans la vie politique de la plupart des pays d’Europe. Bipolarisation qui a évolué généralement en bipartisme : un grand parti de gauche, insistant sur la justice sociale en défendant l’Etat-providence et le droit du travail, contre un grand parti de droite mettant plus l’accent sur la responsabilité individuelle et la défense de l’ordre… Globalement, nous avions le schéma suivant à toutes les élections : un parti social-démocrate affronte un parti libéral-conservateur.

Or on a constaté qu’avec la construction européenne et la mondialisation la frontière entre gauche et droite est devenue plus floue. La social-démocratie (à l’origine issue des mouvements socialistes marxistes) s’est convertie au libéralisme économique tandis que les partis de droite ont perdu leur aspect « conservateur » en laissant de côté la souveraineté nationale. Ce qui se traduit par cette situation : sur les grandes questions comme les enjeux économiques ou la politique étrangère, les deux grands partis ne sont plus très différents.

On en a eu un exemple frappant ces derniers mois en France : le PS et l’UMP peuvent tout à fait se déchirer sur des questions comme le mariage homosexuel, sur les sujets essentiels comme les interventions militaires (Libye, Mali…bientôt Syrie) ou la politique économique générale ils sont en accord. Seules les clientèles électorales respective de ces deux partis feront varier légèrement les choix budgétaires.

Mais pire encore : la crise des dettes publiques risque bien d’éliminer complètement cette frontière entre la « gauche » et la « droite ». D’abord avec la Grèce : le PASOK de Georges Papandréou a été forcé de mener une politique d’austérité drastique du fait de l’état calamiteux des finances publiques. Ce qui a profité à un parti de « la gauche de la gauche », Syriza, relativement récent, qui a fait une percée aux élections de juin 2012 avec presque 27 % des suffrages exprimés. En Grèce le choix s’est fait entre ceux qui approuvaient les plans de rigueur et ceux qui s’y opposaient.

Il y a quelques jours l’Italie a été touchée par le même phénomène : c’est le parti de l’humoriste Beppe Grillo qui a fait une entrée fracassante au parlement italien en récoltant un quart des voix! Certes, la péninsule italienne n’est pas à son premier grand changement politique : au début des années 90 le paysage politique avait été bouleversé par l’opération « Mains propres », alors que parallèlement le vieux Parti Communiste Italien se rénovait et qu’à l’extrême-droite c’est la Ligue du nord qui faisait une percée. Et pourtant durant les années qui ont suivi on a assisté à nouveau à une traditionnelle bipolarisation : coalition de centre-gauche (devenue le Parti Démocrate) contre coalition de centre-droit dirigée par Silvio Berlusconi. Avec le succès de Beppe Grillo on voit bien que le malaise est beaucoup plus profond que durant les années 90.

Est-ce que cette révolution politique va se cantonner à la Grèce et l’Italie, ou au contraire va-t-elle s’étendre à toute l’Europe, voire même au-delà? Presque toutes les grandes puissances sont lourdement endettées : Etats-Unis, Japon, Royaume-Uni, France et même l’Allemagne (présentée à tort par les médias comme un modèle de discipline budgétaire!). Les politiques économiques habituelles risquent de devenir intenables à l’avenir.

Et cela se ressentira sur nos démocraties… J’espère sincèrement que nos système politiques seront refondus pour répondre aux besoins des populations et non pour obéir à des dogmes économiques insensés.

Pourquoi pas par exemple une évolution vers la démocratie directe?

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