L’usage politicien de l’Histoire et les lois mémorielles

En lisant un entretien de l’historien Jean-Paul Brunet à propos de la répression du 17 octobre 1961 à Paris, j’avais trouvé cette conclusion qui m’a beaucoup plu : « Je suis atterré de voir ma discipline instrumentalisée pour conforter des positions moralisantes ou politiques. L’histoire n’a pas à porter de jugement moral, mais à tenter d’expliquer comment les événements ont pu survenir. »

Ce n’est pourtant pas la première fois que l’Histoire est instrumentalisée à des fins politiques, loin de là. Shoah, génocide arménien, commerce triangulaire, colonialisme…autant de faits historiques utilisés par des politiciens sans scrupule!

Souvenons-nous de la polémique due à la proposition de loi de la députée Valérie Boyer réprimant la contestation du génocide arménien, fin 2011.

Souvenons-nous de Nicolas Sarkozy, qui en 2008, voulait transmettre aux élèves de CM2 la mémoire des enfants français victimes de la Shoah… proposition qui avait par ailleurs beaucoup choqué l’ancienne ministre Simone Veil, déportée à Auschwitz durant son adolescence.

Souvenons-nous de la loi du 23 février 2005 qui contenait ce passage « Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer », cette dernière étant probablement la plus connue pour son absurdité.

Souvenons-nous de la loi Taubira de 2001 qui qualifiait de façon anachronique la traite négrière transatlantique de « crime contre l’humanité ».

Souvenons-nous de la loi Gayssot de 1990 qui a ouvert la boîte de Pandore en condamnant pénalement les négationnistes de la Shoah… Le grand historien Pierre Vidal-Naquet, qui a pourtant eu ses deux parents assassinés par les nazis, était absolument contre cette loi.

Ce n’est pas une loi en particulier qui est condamnable : ce sont toutes les lois mémorielles qui sont mauvaises. Toutes sont clientélistes et communautaristes. Ce n’est pas un hasard si en 2005 l’association Liberté Pour l’Histoire s’est constituée.

Bien entendu la France n’est pas du tout le seul pays touché par cette attitude hypocrite. Récemment j’ai voulu me renseigner sur la grande famine en Ukraine au début des années 30, appelée ‘Holodomor‘. La qualification de génocide fait débat entre les historiens, en revanche on constate que sa reconnaissance politique en Ukraine se fait uniquement selon la position pro-occidentale ou pro-russe du gouvernement! On note par ailleurs que la France ne l’a pas « reconnu », probablement de peur de fâcher le gouvernement russe…

Conclusion : ce n’est sûrement pas à l’Etat de dire l’Histoire. A ce propos je conseille fortement aux internautes de regarder cette video croustillante de la juriste Anne-Marie Le Pourhiet :

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